Le 31 janvier dernier, le conseil d’administration de Matélé a adopté une charte sur l’égalité et la diversité ainsi qu’un plan d’actions liés à ces matières. On vous explique le pourquoi du comment.
Si cela va sans dire, cela ira encore mieux en le disant. Le souci de refléter la société dans toutes ses composantes doit être une priorité pour les médias généralistes, comme Matélé. Pourtant, pris le nez dans le guidon, on prend rarement le temps de réfléchir à nos pratiques.
En matière de diversité, comme le prévoit la convention signée avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, Matélé a désormais mis ses engagements sur papier et a adopté une charte de l'égalité et de la diversité.
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A la suite de grands mouvements internationaux tels MeToo ou Black Lives Matter, vous attendez de nous, et c'est bien normal, de vous retrouver dans votre média de proximité. « Vous retrouver » cela signifie voir et entendre sur notre antenne des gens qui vous ressemblent, qui couvrent le spectre de la diversité telle qu'elle se vit dans l'arrondissement de Dinant : que ce soit en matière de genre, d'origines ethniques ou socio-économiques, d'orientation sexuelle, de croyances etc.
Peut mieux faire
En matière de genre, les dernières données objectives datent de 2019 : ils mettaient en lumière que seuls 35% des rôles médiatiques sur notre antenne étaient endossés par des femmes. Même si les lignes bougent, l'actualité reste encore trop souvent faite, commentée, analysée par, pour être caricatural, un homme blanc de cinquante ans, universitaire et hétérosexuel.
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Avec cette charte et le plan d'actions qui l'accompagne, Matélé s'engage donc à faire de la diversité une valeur centrale de ses pratiques journalistiques parce que si une société patriarcale ne peut engendrer des contenus médiatiques et des rédactions égalitaires, l'inverse est également vrai : une société ne peut tendre vers l'égalité si ses médias lui renvoient une image sexiste et peu diversifiée.
A l'antenne et dans les coulisses
Le plan d'actions adopté par Matélé prévoit une objectivation de la forme de diversité la plus objectivable sans entrer dans la vie privée des personnes, celle de la représentation des genres à l'antenne.
Deux fois par an, Matélé comptera tous les personnes qui prennent la parole dans ses productions propres diffusées sur une semaine et notera le pourcentage d'hommes et de femmes. Ces chiffres permettront une comparaison au fil du temps de la repre'sentation des sexes.
La mise en place des quotas ne nous semble pas pertinente : elle serait une distorsion de la réalité politique, économique, culturelle ou sportive de l'arrondissement de Dinant. Elle pourrait également entraîner l'effet pervers de choisir des femmes en fonction de leur genre et non de leurs compétences, ce qui les réduirait une nouvelle fois à la seule catégorie « femme ».
A cette politique contraignante, à l'instar de la BBC et de son 50 :50 Project, Matélé préfère une démarche de sensibilisation des responsables de la rédaction et des journalistes en charge des magazines pour tendre vers les 50% de femmes présentes à l'antenne.
De même, Matélé va désormais tenir un cadastre genré de son personnel même si de ce côté, le chantier semble moins important, la rédaction de Matélé étant d'ores et déjà paritaire.
Cet article n'est pas un article d'actualité, il fait partie du Projet OFF. On vous explique ici de quoi il s'agit