Le rendez-vous de midi
Omer Laloux: "Mon discours a été mal interprété"
publié le:05/02/2018 11:25:00 - mis à jour: 06/02/2018 13:56:58
Les résidents des campings peuvent-ils s'adapter au logement public en appartement? Tel est le débat lancé par le directeur de La Dinantaise. Pour s'expliquer, il est notre invité du Rendez-vous de midi.
Le directeur de la société de logement public La Dinantaise Omer Laloux a lu les réactions ce week-end après sa sortie sur les résidents de camping qui ne savent pas s'adapter à la vie en appartement. Une réflexion inspirée du cas d'un appartement neuf à Hastière abandonné très abîmé par une locataire après un an seulement.
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- "J'ai été sensibilisé par le service social de La Dinantaise qui était outré par la situation d'un logement à Hastière. Ils étaient scandalisés. Les sociétés de logement public, quand elles ne respectent pas leurs obligations, elles font la Une de la presse, mais quand ce sont les locataires, on n'a pas un return. On a voulu marquer le coup en alertant la presse.
- Ce n'est pas un incident isolé même si cela reste plutôt une exception. Ce qu'on a voulu faire passer comme message, c'est que les locataires ont des droits, comme un loyer calculé en fonction du revenu, mais ils sont aussi des obligations, le respect du bien, l'entretien, le respect du voisinage...
- Depuis quelques mois, on a entamé une procédure intensive d'inspection pour éviter ce genre de problème. On vient de réorganiser le service pour aller sur le terrain et faire des visites.
- Je tiens à préciser que l'expulsion est le stade final d'une longue procédure, et qu'elle est décidée par un juge. L'expulsion est un échec car on est arrivé au bout d'une procédure sans arriver à concilier les parties, c'est ce qu'on essaie d'éviter. J'ai lu sur les réseaux sociaux qu'on n'avait pas une politique humaine: c'est pour ça que je veux préciser qu'avant l'expulsion toutes les démarches sont entreprises. Quand cela dérape, c'est qu'il n'y a pas de volonté de l'autre côté. Notre but est d'éviter au maximum les expulsions car tout le monde est perdant, le locataire car il part avec une dette, la société car la dette sera irrécupérable.
- Je pense que mon discours sur les résidents de campings a été mal été interprété. De par mon expérience de 30 ans, j'ai pu voir que les gens qui proviennent de domaines résidentiels ont très difficile à s'acclimater dans un logement, dans un appartement. Mais ma réflexion va plus loin que ça: j'ai des liens d'amitié avec des personnes qui habitent dans des domaines. Les gens qui vivent dans ces parcs s'y plaisent, la région est attrayante, cela ne les intéresse pas de venir en appartements au cœur des villages. J'ai assisté à une exposition à Mettet faite par des étudiants en architecture qui présentait des logements à faible coût à implanter dans les campings, cela permet aux gens de se maintenir dans des zones régularisées au plan urbanistique et de vivre heureux dans la salubrité. Il faut faire en sorte de mettre fin à l'exploitation des locataires par des propriétaires véreux et refaire du logement en toute salubrité.
- La Dinantaise joue pleinement son rôle de permettre à des gens en difficulté de se loger dans des conditions décentes dans du logement salubre. On a vécu une année difficile en 2017 parce qu'on disait que c'était le foutoir financier à La Dinantaise: or nous avons un taux d'investissement des plus élevés en Wallonie et nous avons respecté nos engagements en terme d'ancrage communal, toutes les communes ont investi dans du logement public."