Environnement

On veut de l’eau potable, pas de la merde et des PFAS : Les habitants d'Havrenne (Rochefort) inquiets de la qualité de leur eau

publié le:18/02/2025 13:05:00 - mis à jour: 02/12/2025 18:51:59

Havrenne serait le 3ème endroit en Wallonie avec le plus haut taux de PFAS. Les habitants craignent que le captage d’eau situé au milieu du village ne soit contaminé par les eaux usées.

« On veut de l'eau potable, pas de la merde et des PFAS », c'est le message de colère lancé par quelques habitants d'Havrenne. Dans ce petit village rochefortois, le taux de polluants éternels dans l'eau serait un des plus élevés enregistrés en Wallonie. Cette situation inquiète les riverains. Certains, comme Nicole Willem, ont arrêté de boire l'eau du robinet ou investi dans des systèmes pour la filtrer.

Les PFAS, ce sont des substances qui sont notamment utilisées pour l'imperméabilisation des vêtements. Il y en a beaucoup dans les eaux usées. Il y a peut-être aussi des résidus de médicaments, des perturbateurs endocriniens ou des solvants... L'eau est déclarée potable parce qu'elle est traitée avec du chlore au niveau bactériologique, mais on ne teste pas tout le reste !

La commune de Rochefort est consciente du problème. Au mois de décembre, elle a installé un filtre à charbon actif sur le captage d'eau d'Havrenne, explique le bourgmestre, Julien Defaux.

A Havrenne, le taux de PFAS est de 24 ng/L. C'est une valeur inférieure à la future norme européenne de 100 ng/L, qui n'existe pas encore. Mais nous sommes tout de même le troisième site en Wallonie avec le taux de PFAS le plus élevé. On a donc pris les choses en mains en installant ce filtre qui devrait réduire le taux de PFAS dans l'eau. Des analyses doivent encore être effectuées pour évaluer son efficacité.

Selon le Bourmgestre de Rochefort, la pollution aux PFAS à Havrenne serait due à une ancienne décharge. Mais cette hypothèse n'a pas été confirmée.

 

Des égoûts pas étanches

En 2021, suite aux inondations provoquées par les fortes pluies, les habitants d'Havrenne n'ont pas pu consommer l'eau pendant un mois suite à une contamination par des germes fécaux. Cet évènement a alerté les riverains sur la particularité de leur captage.

A Havrenne, l'eau qui alimente les habitations est extraite dans un puits situé sur la place du village. Pourtant, les eaux usées s'écoulent juste en-dessous de cette zone de captage, dans une ancienne galerie, note Nicole Willem.

Très peu de captages en Wallonie sont situés au centre du village, là où il y a beaucoup d'activité et de maisons , donc ce captage est très vulnérable. Il l'est d'autant plus que dans la zone de prise d'eau se trouve une galerie d'écoulement des eaux usées creusée dans le schiste. Or, la législation stipule que tous les transferts d'eaux usées dans les zones de prévention doivent être étanches. Ici, ce n'est pas le cas.

Photo : Georgy Renard 

 

"Le captage, tu dégages"

Face à cette situation interpellante, une dizaine de citoyens ont formé un groupe de travail. Ils ont organisé une réunion d'information en décembre et rédigé une pétition, qui a récolté plus de 160 signatures. Ils demandent maintenant des actions de la part de la Commune, qui est gestionnaire et distributeur de l'eau dans le village. Georgy Renard fait partie de ce groupe de travail.

Nous, ce qu'on demande à long-terme, c'est qu'on se sépare de ce captage d'une manière ou d'une autre, en se raccordant à un système existant ou un autre captage. A court-terme, on souhaiterait qu'une société s'assure de la qualité de l'eau de manière régulière et transparente.

Le bourgmestre Julien Defaux affirme que des analyses sont réalisées mensuellement par l'Inasep à Havrenne.

Tous les mois, une analyse est réalisée au robinet du consommateur ainsi que sur l'eau brute qui sort du puits. Dans les analyses, les égoûts qui se trouvent à proximité du captage ne se sont pas avéré problématiques. Mais nous allons le traiter par prévoyance cette année.

La commune envisage aussi de raccorder Havrenne au réseau d'eau rochefortois. Elle affirme que les échéances pour la réalisation de ces travaux respectent les délais imposés par la Région wallonne, avec une fin de chantier prévue au plus tard fin 2027.

 

 

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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