Trouver une place dans une crèche ou en co-accueil est devenu mission presque impossible en Fédération Wallonie Bruxelles.
C'est relativement tard dans sa grossesse que Linsay Marion a appris que la gardienne qui devait s'occuper de sa fille à venir arrêtait son activité. Depuis, Julia est née, elle a quatre mois et sa maman n'a toujours pas trouvé de place disponible dans une crèche avant septembre 2024. Elle a donc pris une décision radicale : quitter son emploi pour garder sa fille.
Financièrement c'est un peu compliqué mais au moins, j'ai la chance de voir évoluer ma fille au quotidien et de m'en occuper comme j'en ai envie. C'est le seul point positif. J'aurais tout de même voulu qu'elle aille à la crèche car cela permet de sociabiliser les enfants.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, quatre parents sur dix confient ne pas trouver de place pour leur enfant au moment où ils en ont besoin. Damien Hachez, chargé d'études à la Ligue des Familles, identifie plusieurs causes à cette pénurie.
Premièrement, la conjoncture économique avec la crise énergétique et la hausse des salaires, a eu raison de plusieurs crèches déjà sous-financées. Ensuite, on remarque que les parents ne se tournent plus beaucoup vers les accueillantes à domicile. Ce métier n'intéresse plus les jeunes et donc ils sont de moins en moins à prendre la relève.
Le plan cigogne, insuffisant ?
En quatre ans, l'offre de places en crèche a globalement diminué de 770 places en Fédération Wallonie Bruxelles. Pourtant, amélioration devrait se dessiner grâce au Plan Cigogne, un projet qui a pour objectif l'ouverture et le subventionnement de plus de 5.000 nouvelles places dont 3.000 en Wallonie d'ici 2026. D'après la Ligue des Familles, ces nouvelles places ne seront pas suffisantes. Il en faudrait 10.000 en plus des 5.000 pour qu'un enfant sur deux ait la possibilité d'avoir une place dans une crèche ou en co-accueil.
Une situation en constant changement
L'ASBL a récemment fait le point sur la situation commune par commune. Elle a créé une carte interactive, mais elle se base sur les dernières données officielles de l'ONE qui datent de 2021.
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Depuis, la situation a fortement changé. Par exemple, Somme-Leuze faisait partie des communes les moins bien desservies en termes de place il y a deux ans, mais l'ouverture d'une nouvelle crèche est à présent prévue d'ici 2025, ce qui permettra d'accueillir 21 enfants en plus. Fabienne Fauveaux, Directrice de l'asbl les Arsouilles explique :
Ca va un peu mieux du côté de Somme-Leuze, mais ne nous leurrons pas, ces nouvelles places ne viennent de toute façon pas répondre à tous les besoins des parents car actuellement, il y a des demandes qui restent sans réponse. Cette commune avait été ciblée comme prioritaire pour la création de place d'accueil de la petite enfance, il y a eu une prise de conscience et une volonté de répondre à ces besoins de la part des pouvoirs locaux, mais ça ne suffira pas.
Du côté de Ciney, par contre c'est tout l'inverse, il y a de moins en moins de place. A l'époque, la commune était classée 62ème sur les 272 communes de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec 52 places pour 100 enfants. Depuis, la situation s'est fortement dégradée car deux co-accueils ont dû fermer leurs portes.
Une liste de recommandations pour améliorer la situation
La Ligue des Familles a dressé une liste de recommandations dans laquelle elle souhaite, entre-autres, créer un service public spécialisé qui accompagnerait et conseillerait les porteurs de projets de création de crèche. Elle préconise aussi une amélioration des conditions de travail des puéricultrices et un meilleur financement du personnel. Pour y arriver, l'ASBL invite tous les parents à interpeller les politiques via une lettre type que l'on peut retrouver sur son site internet.