Faire les photos d'identité pour les passeports ou les cartes d'identité à l'administration, c'est possible dans beaucoup de communes. Est-ce une concurrence avec les photographes privés en région rurale?
Le service population de l'administration communale d'Onhaye dispose depuis un an d'un système automatique pour les photos d'identité. Depuis l'ordinateur du système “Live Enrollement”, Fabienne Fréson, employée communale, va enregistrer une photo d'identité. Le dispositif gère presque tout, tout seul et assure la bonne exposition, le bon cadrage et les critères de validité sont respectés. Par exemple, si le sujet sourit en montrant les dents, la photo est refusée. Quand il rectifie la pose adéquatement, c'est accepté. Fabienne Fréson commente :
On se connecte dans l'application Bel Pic, pour les cartes d'identité. Puis, on fait installer la personne sur le petit tabouret. On a juste une petite manipulation, c'est de cadrer le visage de la personne. Ensuite, on prend les empreintes digitales et on fait signer la personne et on a le document à envoyer à la production pour la carte d'identité.
Le cas de la commune d'Onhaye
Onhaye fait donc partie des 400 communes belges qui ont adhéré à ce système de prise de photo d'identité proposé librement par le ministère de l'Intérieur depuis 2023. Ce système est censé contribuer à la fraude à l'identité pour les cartes d'identité et les passeports.
Certaines communes ont refusé le système parce que, en fonction du milieu, rural ou urbain, il y a des photos dans les grandes villes. Chez nous, il n'y en a pas. Nos citoyens doivent se déplacer. Peut-être faire 20 km avant de trouver un photographe. Or, ici, tout est fait sur place. C'est gratuit. C'est facile pour le citoyen comme pour l'agent.
Certaines communes n'ont donc pas accepté ce système dans leur administration pour ne pas charger leurs agents de travail supplémentaire, mais aussi pour soutenir les photographes professionnels. Ces derniers ont réagi face à ce qu'ils considèrent comme une concurrence déloyale.
Un manque à gagner pour les photographes professionnels
Chez ce photographe cinacien, l'activité “Photo d'identité “ représente un demi-salaire. On fait des photos pour les cartes d'identité, les passeports, mais aussi les permis de conduire, ce que le système fédéral ne fait pas. Pour ces photographes, le dispositif représente un manque à gagner et n'offre pas le service d'un professionnel. Véronique Burton-Laloux, gérante du studio Imagic, à Ciney explique :
L'avantage, ici, on peut recommencer. On prend le temps. On sait tous les critères qui sont importants pour ces prises de vue, que ce soit pour un passeport ou une carte d'identité ou un permis de conduire. C'est plus compliqué pour les passeports. Certaines communes exigent certaines normes et d'autres pas. Ce n'est pas toujours évident pour les bébés ou les personnes handicapées. Si la photo n'est pas acceptée, elle est sous garantie de pouvoir la refaire.
Le métier de photographe a déjà beaucoup évolué. En milieu rural, les photographes se font de plus en plus rares. Ce qui explique l'adhésion des communes. A Onhaye, il y avait un système de Photomaton qui a donc été remplacé. Ici, au service population on réalise environ 400 clichés par an pour les cartes d'identité et 185 pour les passeports.