Le conseil communal de Dinant s’est penché une nouvelle fois sur le plan de stationnement. Un quatrième examen qui n’a pas fait avancer le dossier. Après plus d’une heure de débat, le point a été reporté.
Quatre passages devant le conseil communal en un mois et demi, autant d'heures de débat - parfois houleux - et toujours pas de fumée blanche pour le plan de stationnement à Dinant.
Ce lundi, le règlement qui doit définir les zones de parking payant dans l'entité dinantaise est revenu une nouvelle fois sur la table du conseil communal. Après un long débat, tantôt juridique, tantôt crispé, le point a été reporté.
Le plan de stationnement, les trois premiers actes :
6 novembre : L'échevin Closset, son groupe et l'opposition quittent le conseil
13 novembre : Le plan de stationnement à nouveau recalé, le triste spectacle de la politique dinantaise
20 novembre : Camouflet pour la majorité, le plan de stationnement est recalé
Suite au rejet du plan le 20 novembre dernier, le Collège dinantais a pris ses renseignements auprès de son avocat. Au cœur des inquiétudes, cette question : "Est-ce que la société Indigo qui a été désignée pour contrôler le stationnement pourrait réclamer des indemnités ?"
Selon l'avocat dont les conclusions ont été lues par le bourgmestre Thierry Bodlet, si le conseil communal persiste dans son refus de voter le plan de stationnement, Indigo pourrait réclamer des indemnités. On parle de 600.000€. A ce stade, il apparaît toutefois que ce n'est pas dans les intentions immédiates d'Indigo de le faire. Thierry Bodlet résume :
A ce jour, le concessionnaire n'a pas manifesté son intention de réclamer des indemnités, mais il est en droit de le faire.
Face à cet argument, l'opposition accuse le bourgmestre de vouloir lui « faire porter le chapeau ». Pour Christophe Tumerelle (LDB), la menace de devoir payer des indemnités n'est pas aussi réelle que veut bien le laisser entendre la majorité :
Il faudrait considérer qu'Indigo ait perdu des plumes dans l'aventure. A partir du moment où il n'y a pas de raisons pré-contractuelles de réclamer ces montants, cela reste une possibilité éventuelle, potentielle, mais ce n'est pas nécessairement une réalité. Ça, c'est aussi la vérité. Tout ça est laissé à l'appréciation d'un juge et en aucun cas, vous ne pouvez affirmer ici, face aux conseillers communaux que la Ville risquerait de payer 600.000€, c'est faux.
Réponse de Thierry Bodlet : « Nous, on ne sait pas faire autre chose que de faire confiance à notre avocat. »
Bodlet prêt à faire des concessions
Manifestement, Thierry Bodlet est prêt à accepter des concessions pour faire passer son plan. La mention d'un parking de délestage est désormais ajoutée au contrat, même si le projet reste très vague. C'était une demande des deux « Alex » (Alexandre Terwagne et Alexandre Gilain) de la liste LDB pour voter le texte.
Autre avancée annoncée en cours de séance, le bourgmestre propose de ne plus inclure la Place Cardinal Mercier dans les parkings payants.
Dans les deux cas, ces propositions ne semblent pas convaincre les opposants au texte qui y voient une nouvelle couche de flou à un dossier qui en compte déjà pas mal, Niels Adnet (liste LDB) : « Il n'y a rien de clair, on arrive ici avec des derniers mails, des échanges qu'on s'envoie. On est au conseil communal, on doit faire un vote. Évidemment, le fond me pose problème mais la forme est inacceptable. »
Suspension de séance et conciliabules
Après une heure de discussion, le débat tourne en rond, la porte de sortie viendra du mail du CEO d'Indigo reçu par le bourgmestre quelques minutes avant le conseil et que ce dernier a transféré pendant la séance à l'ensemble des conseillers. Dans ce mail, Indigo laisserait la porte ouverte à une prorogation de son offre jusqu'au 1er février 2025.
A la demande de Robert Closset, la séance suspendue. Quelques conciliabules dans le couloir plus tard, le report du point est mis au vote. Camille Castaigne, Delphine Claes, Omer Laloux, Lionel Naomé et le groupe PS s'abstiennent. Stéphane Weynant et Chantal Clarenne votent contre alors que Thierry Bodlet rejoint les listes LDB et DINANT en approuvant ce report.
Le débat reviendra donc une cinquième fois au conseil communal, au grand dam de l'échevin Stéphane Weynant qui quitte la salle : « Ça me dégoûte, je m'en vais, je vous souhaite une bonne soirée ».