Emploi
Réforme du chômage : la CNE réveille la députée Anne Pirson dans son village de Corbion
publié le:20/06/2025 13:21:00 - mis à jour: 22/06/2025 11:15:28
Ce matin, des syndicalistes de la CNE ont interpellé la députée Anne Pirson à Corbion pour dénoncer une réforme du chômage qu’ils jugent injuste et contraire aux promesses électorales.
Il est 7h45, place de l'Abreuvoir à Corbion, dans la commune de Ciney. Une vingtaine de délégués et de permanents de la CNE, la Centrale nationale des employés, sont présents. Ils sont ici pour rencontrer la députée fédérale Engagés Anne Pirson dans son village et exprimer leur mécontentement, explique Clarisse Van Tichelen, permanente syndicale CNE :
La commission des Affaires sociales et le Parlement sont en train de discuter, de débattre et de voter la loi qui va exclure 170 000 personnes du chômage. Or, Les Engagés ont promis dans leur programme de campagne d'offrir une garantie d'emploi à toutes les personnes qui vont être exclues du chômage. Et cette garantie d'emploi est aussi, d'une certaine manière, dans l'accord de gouvernement. Et pourtant, elle n'est pas dans la loi. Et donc, on est venu demander aujourd'hui à Anne Pirson de ne pas voter la loi tant qu'il n'y a pas cette garantie.
“Les Engagés ne sont pas suicidaires !”
Le syndicat estime que Les Engagés ne tiennent pas leurs promesses électorales, et que le parti prend des mesures impopulaires, qui vont à l'encontre de l'intérêt général. Anne Pirson s'étonne :
Ces mesures sont impopulaires ? Mais pourquoi est-ce qu'on les prendrait si ce n'était pas nécessaire de les prendre ? Les Engagés ne sont pas suicidaires ! Donc, ils prennent ces mesures parce qu'ils les ont annoncées pendant la campagne électorale. La limitation des allocations de chômage à deux ans, c'était écrit noir sur blanc dans notre programme électoral. Le président des Engagés, Maxime Prévot, l'a martelé à tous les débats où il est allé. Et donc voilà, on fait ce qu'on avait promis de faire. Et de toute façon, toutes ces mesures sont nécessaires si on veut pouvoir tenir un système de sécurité sociale sur la longueur en Belgique.
Catherine, malade de longue durée, craint pour l'avenir
Pendant une bonne heure, les représentants et la députée ont échangé dans le calme. Parmi eux, des malades de longue durée comme Catherine Mostin. Cette opticienne est concernée par cette réforme du chômage et elle a peur de l'avenir :
J'ai peur que d'autres personnes, dans mon cas, se retrouvent finalement obligées de recommencer à travailler alors qu'elles ne sont pas capables, qu'elles retombent malades et qu'elles soient finalement éjectées du système. Que ce soit le système de la mutuelle ou encore du CPAS. Ces personnes-là vont finir par être à la rue, elles n'auront plus d'autres possibilités. Parce qu'avec ce type de système “de chasse” et de loi qui est programmé, on va tous tomber dans la précarité.
Avec cette action, le syndicat espère mettre la pression sur Les Engagés. À plus grande échelle, une manifestation nationale contre cette réforme du chômage est prévue le mardi 25 juin à Bruxelles, juste avant le vote en séance plénière au Parlement.