Le plan de stationnement à Dinant a été rejeté suite à une alliance entre LDB et la liste DINANT de Robert Closset. Retour sur une crise qui a duré trois semaines et dont personne ne sort vraiment gagnant.
Coup de théâtre au conseil communal dinantais ce lundi. La minorité qui a réussi à remobiliser ses deux conseillers absents depuis plusieurs mois (Alexandre Terwagne et Alexandre Gilain) s'est alliée au groupe de Robert Closset, en guerre ouverte contre ses partenaires de coalition, pour refuser le plan.
Il aura donc fallu trois conseils communaux pour finalement aboutir au rejet du plan de stationnement, 11 voix contre 11.
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Thierry Bodlet fragilisé
Le grand perdant de cette crise, c'est évidemment le bourgmestre, Thierry Bodlet. Le plan de stationnement, quoi qu'il en dise, c'était son bébé. Est-ce qu'au lendemain du rejet de son projet, il se sent fragilisé ?
Fragilisé ? Oui, évidemment mais je préfère que notre groupe et les socialistes soient droits dans leurs bottes plutôt que de se soumettre aux exigences abusives de Robert Closset. Parce que c'est ça en réalité, on paie d'être restés droits dans nos bottes par rapport à lui (Thierry Bodlet accuse Robert Closset d'avoir tenté d'empêcher un dépanneur concurrent d'obtenir un permis d'exploitation, ndlr.).
Les calculs sont vite faits : il n'y a plus de majorité à Dinant. Si tout le monde siège, le groupe ID du bourgmestre (9 élus) et les deux socialistes pourraient se retrouver face aux 12 élus de ce qu'on pourrait appeler l'opposition (LDB, 9 conseillers et DINANT, 3).
On n'est plus que 11. L'opposition est en mesure de tout bloquer mais est-ce que Robert Closset va rester sur la même ligne que LDB qui l'avait viré en 2018 ? On a affaire à des gens qui ne sont pas prévisibles. Mais il faut avancer, il faut positiver, la base d'un élu, c'est de travailler dans l'intérêt général.
Prochain obstacle : le vote du budget pour lequel Thierry Bodlet ne part pas d'office perdant, il en veut pour preuve le vote, sans problème, de la dernière modification budgétaire.
Robert Closset, entre deux chaises
Un pied dedans, un pied dehors, quelle est encore la place de Robert Closset sur l'échiquier dinantais ? Si de l'extérieur, on le qualifierait volontiers de membre de l'opposition, dans son chef et contre toute attente, le premier échevin se voit toujours comme un membre de la majorité dinantaise :
Je suis toujours dans la majorité, je continuerai dans l'intérêt des Dinantais mais je veux être respecté. Il est hors de question que je casse la majorité mais je sais que ça va être difficile. Le bourgmestre doit tirer les conclusions de ce qu'il s'est passé. Je suis prêt à retravailler avec eux (le collège), y compris sur le dossier parking.
Quant à son avenir politique, Robert Closset dit n'avoir pas encore pris de décision mais n'exclut pas un rapprochement avec son meilleur ennemi, Richard Fournaux.
Si Richard revient, je suis prêt à retravailler avec. Je pourrais aussi ne pas être candidat en 2024.
L'opposition ne fanfaronne pas
Si certains conseillers de l'opposition ont applaudi à l'annonce du rejet du plan, au lendemain de ce coup de force, Alain Besohé, chef de file du groupe LDB, ne fanfaronne pas :
On n'en est pas fiers, personnellement, je n'ai pas applaudi. Cette affaire, c'est dommage, c'est triste, le souci, c'est que Thierry Bodlet veut travailler tout seul.
Alain Besohé est également conscient que ce dossier a révélé des lignes de fracture au sein de son propre clan. Avec un groupe LDB uni et au complet, le plan aurait pu être rejeté dès le premier conseil communal qui lui était consacré. Il aura fallu trois conseils pour faire revenir autour de la table Alexandre Terwagne et Alexandre Gilain. Et même présents, on a senti dans leurs interventions qu'ils n'étaient pas exactement sur la même ligne que leurs colistiers.
Alain Besohé qui n'avait pas donné de consignes de vote reconnait qu'il ne savait dans quel sens les deux Alexandre allaient voter :
C'est vrai que c'est une législature un peu spéciale. Il y a des rancœurs qui restent. Eux (Terwagne et Gilain), ils sont jeunes, ils ont parfois une autre vision que certains anciens, pas tous, qui ont un peu de rancœur. Eux, ils voulaient être constructifs mais ici, ce n'était pas casser pour casser, le dossier du stationnement n'était pas abouti.
Cette crise, dont personne ne sort gagnant, fera assurément une victime supplémentaire : l'image de la politique dinantaise aura en effet, une nouvelle fois, été écornée. Cela pourrait laisser des traces au moment de la constitution des listes électorales et de convaincre des citoyens de s'engager en politique.