Agriculture

Retour aux anciennes techniques agricoles : un cheval utilisé dans un vignoble d'Annevoie

publié le:20/11/2024 10:00:00 - mis à jour: 20/11/2024 16:43:00

Une scène atypique se déroule en ce moment du côté de Annevoie, dans la commune d’Anhée. Un cheval de trait est utilisé pour l’entretien d’un vignoble. Une technique qui présente de nombreux avantages.

Se passer du traditionnel tracteur pour privilégier le cheval, c'est le pari de Léopold. Son vignoble de 14 hectares est bio. Impossible donc d'utiliser des produits chimiques. Pour le tassement, il faut opter pour un moyen mécanique. Il a choisi un cheval de trait, pour retourner les sols grâce à une charrue.

On laboure en retournant la terre au pied de la vigne. Cela va permettre de la protéger du froid pendant l'hiver. On va aussi pouvoir contrôler l'herbe au pied de la vigne. Au printemps, on fera le travail inverse. On retirera la terre des pieds de vignes.

Un cheval toujours en apprentissage

Depuis cette année, Léopold a donc recruté Kévin et Kinder. Le cheval de trait est toujours en apprentissage. Pour l'instant, cela nécessite donc encore un travail en équipe. Mais pour Kévin, c'est temporaire.

C'est un cheval jeune et il a un pas encore un peu rapide. On travaille donc à deux, un à la charrue et un près du cheval. Une fois qu'il aura attrapé le bon rythme, je travaillerai seul derrière la charrue.

La plupart du temps, Kévin parle en Wallon à son cheval. La conduite au cordeau, c'est une spécialité belge. Des petits à-coups permettent de donner les instructions à Kinder. En une journée, le cheval de trait peut parcourir près d'un hectare. Comparé au tracteur, il présente plusieurs avantages, explique le meneur de chevaux.

De nombreux avantages

C'est surtout le tassement du sol qui est meilleur. Cela évite aussi l'érosion. Ce type de travail permet d'aérer la terre et donc également d'avoir plus de vers de terre, bénéfiques pour le sol. L'autre gros avantage, c'est que le cheval ne pollue pas, car il ne nécessite pas de carburant.

Pas de carburant, mais forcément, tout cela est bien plus physique. C'est aussi une sorte de retour aux sources, avec l'utilisation d'anciennes techniques et d'anciens outils. Un choix payant pour Léopold, le vigneron.

C'est clair que c'est plus facile de s'asseoir dans son tracteur. Mais ici c'est un réel plaisir. On fait de l'activité physique, il n'y a pas de bruit, on est en plein air et on travaille en compagnie d'un animal. Ceci dit, il est vrai qu'il faut s'adapter. Un cheval ne peut pas travailler 10h d'affilée. Il peut aussi tomber malade ou avoir mal aux pieds.

Léopold aura toujours besoin du tracteur dans son vignoble, notamment pour tailler les haies. Mais Kinder devrait pouvoir réaliser 80 % du travail. L'objectif est aussi d'améliorer la qualité du vin. Étant donné que la vigne respire davantage, l'espoir est d'avoir un raisin de meilleure qualité.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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