Politique

Richard Fournaux: "Je me suis pris une baffe mais c'est la démocratie"

publié le:12/11/2018 11:40:00 - mis à jour: 01/10/2024 14:21:41

Richard Fournaux: "Je me suis pris une baffe mais c'est la démocratie"

Richard Fournaux se livre dans un entretien-confidence en vidéo, un mois après sa défaite aux élections communales, et deux jours après sa désignation comme député provincial.

C'est la première interview que Richard Fournaux nous accorde depuis les élections du 14 octobre dernier. Il revient sur sa désignation comme député provincial, et sur les causes de son échec aux communales à Dinant.

Après avoir été rejeté dans l'opposition dinantaise, suite à une coalition Tixhon-Closset-Belot, Richard Fournaux deviendra donc député provincial au sein de la majorité surprise MR-CDH-Défi. Il ne siégera donc pas comme conseiller communal, puisque le Code wallon de la Démocratie Locale et de la Décentralisation prévoit une incompatibilité entre ces deux mandats.

Franchement ma nomination est un soulagement. J'ai vécu la réunion du MR samedi dernier avec une charge émotionnelle intense, je me suis senti soutenu par le MR et cela m'a beaucoup, beaucoup, beaucoup touché.

J'ai pris les résultats des élections comme une baffe. La politique donne des moments de très grande joie et des moments de grande déception, il faut l'accepter.

Je ne me suis pas suffisamment rendu compte de l'impact des travaux: c'était un clou à mon cercueil. Les travaux ont fait énormément souffrir de gens et je ne me rendais pas compte que pour beaucoup, la pilule n'était toujours pas passée.

Version longue

Durant notre entretien, Richard Fournaux s'est confié sur la soirée électorale du 14 octobre, sur les jours qui ont suivi, sur ses quatre mandats de bourgmestre. Mais aussi sur ses joies et ses déceptions aux commandes de la Ville, sur sa personnalité. Une interview-confidence que nous livrons ici en version longue:

Sur le mois de silence médiatique qui a suivi les élections:

Il m'est déjà arrivé parfois de me dire "Richard, tu aurais dû te taire", et donc j'ai appris aussi que dans les moments d'extrême émotivité ou intensité, il valait mieux parfois se taire. Et deuxièmement, j'étais épuisé, car nous avons continué et bouclé tous les dossiers, tout en faisant campagne, et j'avais besoin de quelques jours pour atterrir, même psychologiquement. La chose qui m'a fait un peu plus mal au coeur, c'est que, si il y a une législature où nous avons travaillé de manière intense pour réaliser des choses concrètes à Dinant, c'est bien celle-ci.

Sur sa personnalité qui peut se révéler clivante pour certains:

Lorsqu'on me traite de dictateur ou de choses comme cela, notamment sur les réseaux sociaux, dans les faits ce n'est pas vrai. Je suis quelqu'un qui fonctionne beaucoup plus à l'émotivité qu'on le croit. On croit aussi qu'en venant me voir, on avoir une réponse positive, mais quand on est bourgmestre, il faut souvent dire non. Je ne sais pas d'où vient ce côté clivant. Je sais que j'ai été capable de faire des gaffes monumentales dans la relation avec les gens, mais ce n'est pas toujours facile. Mais sur l'aspect positif, c'est vrai que lorsque je m'engage dans quelque chose, je suis capable de casser la baraque pour y arriver. Je suis viscéralement attaché à ma ville, et c'est le cas pour énormément de Dinantais.

Le moment le plus intense de ses quatre mandats de bourgmestre?

Les commémorations de 14-18 dans les jardins du CPAS. Et, dans les prémices, je n'oublierai jamais le rassemblement des jeunes d'une école militaire belge et d'une école militaire allemande. Ce bruit de bottes sur le pont qui a fait pleurer des Dinantais, parce que cela rappelait des souvenirs. Et surtout le discours du ministre allemand de la Défense, au moment où il a prononcé cette fameuse phrase que les Dinantais attendaient depuis 1914: "Nous vous demandons pardon". C'est un souvenir qu'un bourgmestre ne peut et ne pourra jamais oublier.

Un retour sur les listes communales en 2024?

Un de mes pères politiques de l'époque, Charles-Ferdinand Nothomb, m'a dit : "En politique, un jour, c'est un siècle". Aujourd'hui, nous sommes le 12 novembre 2018, ... bon... on se reverra.

Nicolas Lembrée, Journaliste
nicolas.lembree@matele.be

 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30