Sur notre plateau, Richard Fournaux, futur bourgmestre de Dinant, est revenu sur l'accord pré-électoral signé avec Dinamic et la crise qu'il a provoquée parmi les siens.
Le collège communal de Dinant pour la prochaine législature est connu. Sur le plateau du Journal, Richard Fournaux, nouveau bourgmestre dinantais, explique comment se sont opérés les choix le choix des candidats, des attributions mais il est surtout revenu sur l'ouverture de sa majorité absolue à la liste Dinamic.
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Est-ce que vous regrettez l'accord pré-electoral avec la liste Dinamic ?
Dans les minutes qui ont suivi la connaissance des résultats, un peu parce que je me sentais mal à l'aise vis à vis de mes amis colistiers et de toutes celles et tous ceux qui nous avaient fait confiance. Mais très vite, le sens politique a repris le dessus et je ne le regrette absolument pas. Parce que, pour paraphraser Lionel Naomé, nouveau président du CPS de Dinant et membre des Engagés de la liste dynamique, je crois que c'est une chance pour Dinant. Ce que nous réalisons aujourd'hui.
Cet accord, vous l'avez gardé secret par rapport à vos co-listiers. Est-ce que cela n'aurait pas été plus "sain" de jouer cartes sur table avec votre équipe ?
Je pense qu'il faut être réaliste au niveau de la manière avec laquelle ça fonctionne au niveau politique et arrêter de faire croire n'importe quoi à l'électeur. Tout le monde sait bien qu'à la veille des échéances, principalement au niveau local, il peut y avoir des contacts entre certaines personnes ou certaines listes pour voir ce que l'on peut ensemble réaliser.
Pourquoi vous avez signé cet accord électoral ?
J'en ai pris la responsabilité. Tout simplement parce que si au lieu d'avoir neuf sièges, comme ce fut le cas en 2018, nous en avions obtenu avec la liste Ambition onze, ce qui était insuffisant pour avoir une majorité absolue, je crois qu'on m'aurait érigé une statue sur la Grand-Place de Dinant, parce que j'avais cet accord qui nous permettait d'entrer malgré tout dans la majorité.
Vous pouvez entendre certains de vos colistiers qui disent : "On a fait campagne, on a assuré auprès des Dinantais qu'il n'y avait pas d'accord, qu'on arrivait libres aux élections. Et puis on se sent un petit peu trahi, on sent qu'on a un peu menti aux électeurs" ?
Je peux les comprendre, surtout pour les nouveaux candidats, quel que soit leur âge, de très jeune et parfois des gens qui ont déjà une vie professionnelle derrière eux, qui sont novices en politique. Le fait de tomber comme ça dans la marmite politique et de découvrir la manière avec laquelle ça peut fonctionner, ça peut heurter, ça peut blesser.
L'important, c'est le résultat et les engagements qu'on a pris. Premièrement, j'ai dit aux Dinantais que j'acceptais d'être tête de liste et dans ce cas, je sais que je devrai choisir entre les responsabilités que j'occupe actuellement jusqu'au 2 décembre, en ma qualité de député régional et de député de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et si vous m'élisez comme bourgmestre, je démissionnerai de mes responsabilités au niveau régional et de la Fédération.
Deuxièmement, à l'occasion du débat préélectoral, j'ai bien dit à toutes et tous qui voulaient bien l'entendre que même si on avait une majorité absolue, même si les Dinantais me confiaient, à moi et à mes colistiers, les clés de l'Hôtel de ville pour essayer de gérer cette ville dans les six prochaines années de manière un peu différente de ce qu'on venait de connaître, et bien malgré cela, je pourrais envisager d'ouvrir la majorité.
Mais à ce moment-là, vous aviez déjà signé l'accord, n'est-ce pas ?
Oui, je le sais. Mais je vais vous dire que je l'ai proposé à mon équipe au lendemain des élections.
Vous n'avez pas imposé votre décision auprès de vos colistiers ?
Non. Au lendemain des élections, quand j'ai vu qu'effectivement certains ne pouvaient pas mettre la démarche ou ne la comprenaient pas, j'ai proposé qu'il y ait un vote au sein de la liste Ambition, pas seulement des élus, mais de tous les candidats de la liste Ambition où j'ai mis en jeu à la fois ma crédibilité personnelle et à la fois l'accord.
J'ai demandé un vote de confiance sur la manière avec laquelle j'avais agi avant, pendant et ce que je proposais de faire après les élections. J'ai obtenu cette confiance de la part de mes colistiers et je tiens à les remercier de la manière la plus sincère possible.
Qu'est ce qu'apporte Les engagés dans ce mariage, dans cette union ?
Dinant est une ville qui est à la fois une grande ville par sa réputation, par son rôle de pôle touristique majeur, mais Dinant est à la fois une petite ville puisqu'elle compte un peu moins de 14?000 habitants. Ce n'est pas et n'est pas une ville simple à gérer. S'ajoute à ça des problèmes financiers conséquents qui viennent des problèmes de pensions. Le fait de bénéficier de relais non seulement au niveau régional, Fédération Wallonie-Bruxelles, est un avantage considérable. Il y a également le niveau européen, mais le fait aussi de pouvoir créer des liens avec les communes qui entourent la ville de Dinant et que l'on retrouve comme communes membres de la zone de police.
Est-ce que vous avez des garanties de la part des Engagés de pousser tel ou tel dossier en faveur de Dinant ? Si oui lesquelles ?
Ce sont des questions de principe. À partir du moment où deux équipes décident de s'allier pour défendre la ville de Dinant. D'abord, il faut regarder aussi les programmes de la liste Dinamic, qui comprend une majeure partie de membres Des Engagés. Et la même chose chez nous aux côtés du MR. Lorsque vous regardez les deux programmes, il y a beaucoup de sensibilités qui sont les mêmes, voire même parfois des projets qui sont les mêmes. C'est un fait évident qu'à partir du moment où on décide de travailler ensemble, c'est dans l'intérêt de la ville de Dinant et des Dinantais. Les deux listes ont décidé de travailler en commun. C'est véritablement une chance pour Dinant de rassembler les forces vives afin d'éviter que le Conseil communal devienne ou redevienne une lutte continuelle. Je pense que nous allons vers un climat apaisé et constructif pour le bien de Dinant.
Quels sont les enjeux de la Ville de Dinant pour les prochaines années ?
Dinant n'est pas une ville qui voit sa population augmenter et contrairement à d'autres communes qui nous entourent, Dinant est une ville qui connaît des problèmes financiers. Dinant est une ville qui connaît des problèmes de taux d'emploi. Dinant est une ville qui connaît des problèmes de commerce, de dynamisme commercial. À un moment donné, conjuguer les synergies et les forces vives me semble l'élément le plus important.
Pourquoi est-ce qu'Omer Laloux n'est pas au casting de ce collège ? Auriez-vous mis un droit de veto pour qu'il n'y figure pas ?
La seule chose que j'accepte comme responsabilité, c'est que j'ai demandé à ce qu'il y ait une composition de collège communal où les compétences de chacun soient reconnues.
Monsieur Laloux s'est vu confier d'autres responsabilités qui pourraient s'avérer excessivement pertinentes pour la Ville de Dinant. Il nous a demandé de ne pas jeter toute une série de choses qu'il avait lui même mis en place, comme par exemple le projet Dinant Lumière et nous allons bien évidemment respecter sa demande.