Le coordinateur local de l’asbl Kick, Simon Loop, tire le bilan de son accompagnement de Rochefort. Pendant trois ans, la structure a mené des actions en faveur de la transition écologique.
Depuis trois ans, l'asbl Kick, financée par du mécénat privé, mène des actions en faveur de la transition écologique et en particulier de la biodiversité, dans l'entité de Rochefort. Le bilan de cette action vient d'être présentée devant le conseil communal rochefortois. Les conclusions sont à l'image de ce qu'il se passe à une échelle plus large : il est difficile de mobiliser autour de la transition écologique quand les problèmes immédiats sont particulièrement importants. Et ce fut le cas à Rochefort ces trois dernières années avec le Covid, les inondations et la crise énergétique.
Simon Loop était sur le plateau du Journal ce samedi 1er juin, il est revenu sur les grandes avancées de cet accompagnement mais aussi sur les difficultés.
Vous êtes le coordinateur de l'asbl Kick à Rochefort. Pouvez-vous rappeler la mission et les objectifs de votre association ?
Simon Loop : Kick a pour objectif de faire de la Belgique un territoire exemplaire en matière de biodiversité d'ici à 2040. Nous proposons d'accompagner gratuitement et pendant trois ans les communes dans la mise en œuvre d'actions concrètes en faveur de la biodiversité.
Pourquoi vous focalisez-vous sur la biodiversité ?
La biodiversité est essentielle à notre bien-être. Elle purifie l'eau que nous buvons, l'air que nous respirons, et fournit les aliments essentiels à notre santé. Nous soutenons donc des actions positives en faveur de la transition écologique, comme le creusement de mares sur les parcelles agricoles.
Pourquoi avoir choisi Rochefort en particulier ?
Nous avons choisi Rochefort pour plusieurs raisons. Nous cherchions une commune de taille moyenne, avec un territoire suffisamment vaste incluant forêts, parcelles agricoles, rivières et zones urbaines. De plus, Rochefort avait un fort leadership politique et des représentants ouverts à nos projets.
Côté projets, vous avez creusé 73 mares, vous espérez en creuser 100 au final. Mais il y a d'autres projets qui ont été menés : des composteurs, des vélos électriques pour le personnel communal, des projets citoyens en faveur de la biodiversité. Vous avez essayé d'être assez large dans vos actions ?
Oui, par essence, la biodiversité touche une série très diverse de thématiques et donc nous avons essayé de travailler sur de nombreuses thématiques. Nous avons parlé du déchet, de l'eau, des forêts, et des projets citoyens qui abordent cet aspect de transition. Nous avons travaillé sur une large diversité de thématiques et avec de nombreux acteurs différents : pouvoirs publics, entreprises, associations, mouvements citoyens et écoles pour approcher la question de la biodiversité de tous les angles possibles.
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Vous avez tiré le bilan en début de semaine au Conseil Communal. Vous aviez fait des bilans intermédiaires et chaque fois ce qui en ressortait, c'était une difficulté à mobiliser le territoire, les citoyens et les autorités communales. C'était vraiment ça l'enjeu ? Mobiliser les gens, pas seulement les convaincus, mais mobiliser un plus grand nombre pour vous suivre dans ces actions ?
En effet, il faut savoir que l'accompagnement de Kick à Rochefort a démarré en 2020. 2020 c'était le Covid, 2021 les inondations, juste après la crise énergétique. Il y a eu des circonstances difficiles et dans ces moments-là, on a tendance à penser que la biodiversité n'est pas une priorité. On peut comprendre, il y a des urgences à traiter. Mais nous sommes convaincus que c'est en traitant ces questions de biodiversité que nos territoires seront plus résilients face aux risques de sécheresse, d'inondations et aux coûts des factures énergétiques. Par essais et erreurs, en tâtonnant parfois un peu, nous avons réussi à mobiliser une bonne partie des acteurs du territoire pour arriver à un bilan dont nous sommes très contents. Rochefort peut être fier de ce bilan.
Les leviers de changement se situent au niveau local
Ce que vous expliquez à l'échelle de Rochefort, c'est ce qui se passe à l'échelle du monde : il y a des problèmes immédiats et le changement climatique, la perte de biodiversité, on verra après. Finalement, vous avez expérimenté ça sur un petit microcosme.
En effet. Les clés et les leviers existent au niveau local. Souvent, il manque un peu de mise en lien ou de création de réseaux pour partager les bonnes pratiques, les idées et les outils qui fonctionnent. Nous avons la conviction que c'est en allant sur le terrain, en écoutant les gens, en proposant notre aide, parfois des compétences en facilitation et coordination pour ajuster et articuler toutes ces initiatives, que nous pouvons arriver à des résultats enthousiasmants et positifs. Nous pouvons faire un changement à relativement court terme dans notre environnement direct qui produira des effets sur le long terme.
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Vous êtes arrivé au bout de l'accompagnement. Et maintenant, qu'est-ce qu'il va se passer pour Rochefort ?
Nous allons veiller à ce que les actions en cours et n'ayant pas encore atteint leurs résultats soient pérennisées et à ce que de nouvelles initiatives émergent. Il y a des groupes de travail très riches en ce moment sur le territoire. Nous inciterons les autorités communales à reconduire le budget participatif, qui avait fait émerger une quinzaine d'actions citoyennes au cours des deux premières éditions, pour maintenir la dynamique. Enfin, Rochefort a intégré un réseau de communes qui sera perpétué. Nous allons travailler dans des communes limitrophes pour garder cette dynamique et cette proximité avec Rochefort.