Environnement

Kick, le mécène environnemental : « On regrette le manque de proactivité de Rochefort »

publié le:31/01/2023 15:13:00 - mis à jour: 31/01/2023 20:06:22

Un an après avoir voté le plan d’actions environnementales à implémenter sur Rochefort, l’association Kick, facilitateur de la transition écologique, a fait le point sur les avancées. Bilan? Insatisfaisant!

L'association Kick Belgium a débarqué à Rochefort il y a un peu plus de deux ans, comme un mécène tombé du ciel, avec de l'argent et un grand projet. Celui de faire de Rochefort la commune pilote de leur projet environnemental. Le deal ? Mettre en œuvre sur le territoire rochefortois une série d'actions hyper concrètes en faveur de la transition énergétique et de la lutte contre l'érosion de la biodiversité, en y impliquant le plus possible les citoyens et les acteurs locaux. L'ASBL met son personnel et son expertise à disposition des autorités locales et demande, en contrepartie, une implication de la commune sur le plan financier et humain.

Un plan d'actions ambitieux

Il y a d'abord eu les rencontres avec les citoyens et associations, de nombreuses réunions avec le Collège, les analyses, les diagnostiques. Puis, fin de l'année passée, place aux choses sérieuses : le plan d'actions est voté. Celui-ci compte une trentaine de projets hyper concrets en faveur de l'environnement. L'investissement est chiffré à 379.000 euros pour la commune et à 50.000 euros pour Kick Belgium.


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Un an plus tard : le bilan est insatisfaisant !

Un an après la présentation de ce plan d'actions au conseil communal en décembre 2021, l'ASBL est revenue ce lundi soir pour faire le point, publiquement et en toute transparence, sur son état d'avancement. Simon Loop, coordinateur qui travaille à 3/5 temps sur le projet rochefortois, donne le ton. « C'était un plan très ambitieux, peut-être trop ».

Il n'y a pas eu assez de consultations locales et donc pas suffisamment de propositions émanant du terrain. Plusieurs actions étaient mal conçues. Les contours étaient parfois trop flous et les ressources proposées inadéquates.

A ce jour, 22 actions ont déjà été initiées. Entendez par là, qu'elles sont soit en cours d'implémentation, soit réalisées, soit gelées sur décision communale ou sur décision de Kick. Deux points ont été « reportés » par manque de temps et six actions ont finalement été abandonnées. A ce stade, 75% du budget a déjà été utilisé.

Si Kick Belgium admet avoir fait des erreurs d'approche et ses maladies de jeunesse, elle pointe aussi un « manque de proactivité de la commune ».

Le niveau d'engagement de la part du Collège communal pour répondre à un plan aussi ambitieux est insuffisant. On souhaiterait une réelle appropriation du plan d'actions. La prise d'initiative des autorités communales est trop faible et nous avons souvent le sentiment de devoir tirer les dossiers.

Comme solution, l'association pointe la nécessité de désigner un référent communal compétent dans le domaine environnemental. Ce qui devrait être fait en mars avec l'engagement d'un nouvel agent public.

Les tops

Parmi les actions concrétisées, citons la distribution des composteurs aux citoyens ou encore la mise à disposition de vélos électriques aux membres de l'administration communale.


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Parmi les plus gros chantiers en cours, il y a celui des mares agricoles. L'ambition est d'en creuser 60 sur le territoire. En un an, quatre ont été réalisées avec l'appui de Natagora et 38 sont en voie de l'être. Ce qui semble très peu par rapport à l'objectif initial. Il faut dire que le process administratif est extrêmement lourd. D'après Simon Loop, il faut compter entre 9 et 18 mois pour concrétiser une mare. Qui plus est, suite aux inondations qui ont frappé la commune, il a été décidé de réaliser une étude pour déterminer des zones d'emplacements stratégiques dans la lutte contre les phénomènes de ruissellements. Tout cela a retardé les démarches, poursuit le coordinateur.

Le problème, c'est qu'après cette étude, on savait où l'on devait creuser, mais nous ne savions pas qui était les propriétaires des terrains en question. La commune n'a pas accepté de nous donner accès à ces informations suite aux règles RGPD. Nous avons donc été frapper aux portes. Ce qui a pris plus de temps.


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Dans les tops, Kick pointe le lancement du budget participatif Proximity. Douze projets ont été soumis par les citoyens et huit ont finalement été sélectionnés pour une enveloppe à répartir de 50.000 euros. C'est bien, mais peut mieux faire, détaille Simon Loop :

C'est une réussite en termes de chiffres si l'on compare à d'autres campagnes Proximity. Mais on manque de diversité dans les acteurs qui ont déposé les projets. Il s'agissait déjà d'acteurs impliqués dans la cause environnementale. Nous souhaiterions élargir les profils.


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Les flops

Dans les flops, il y a notamment l'action liée à la plantation de haies pour reconstituer des corridors écologiques. A l'heure actuelle, 300 mètres seulement ont été plantés sur des terrains privés, zéro sur l'espace public. « Le résultat est très inférieur aux objectifs fixés », exprime Simon Loop. Le plan d'actions prévoyait, en effet, la plantation de trois kilomètres sur le territoire. Ici encore, le coordinateur regrette les difficultés d'identification des propriétaires sans l'accès aux informations communales via un référent.

Autre flop mis en avant par Kick Belgium : l'abandon par les autorités communales du projet de monitoring des fuites d'eau. Celles-ci ont estimé l'investissement trop coûteux par rapport aux économies qu'elles pourraient en tirer et trouvait que le système avait la faiblesse de ne pas pouvoir localiser les fuites. De son côté, Simon Loop regrette la perte d'énergie sur ce dossier.

C'est un dossier sur lequel on a beaucoup travaillé, pour rien finalement. Clairement, c'est une perte en temps et en efficacité. Il faut s'assurer à l'avenir de travailler de manière conjointe sur un même dossier.

Prochaine étape ?

Aujourd'hui, il reste 18 mois avant que le projet d'accompagnement de Kick ne prenne fin. 18 mois pour rehausser le bilan et l'évaluation qui n'atteint pas les espoirs de la collaboration. Valentine De Pret, présidente de l'ASBL, également présente ce lundi soir, demande aux autorités de saisir leur chance.

Cela fait deux ans que l'on finance Kick. La réussite de Rochefort est super importante car cela va donner de la crédibilité à notre projet. Nous avons lancé plusieurs appels à l'aide, soumis ce soir différentes piste de solutions. Nous avons besoin de toute l'efficacité des services. Il faut aujourd'hui faire moins, mais mieux afin qu'à la fin du livre, nous puissions raconter une belle histoire. Il nous reste 18 mois pour sortir un projet emblématique. Emblématique pour Rochefort et pour le Kick.

Le projet des mares pourrait faire partie du grand projet emblématique de Rochefort. S'ils parviennent à réaliser les soixante mares prévues dans le plan d'actions, la commune figurerait dans le top 3 des communes comptant le plus de mares.

De son côté, Kick a pour ambition d'exporter le concept dans d'autres communes. Ce qu'elle a déjà commencé à faire puisqu'elle accompagne aujourd'hui déjà trois autres entités.

Morgane Halloy, Rédactrice en chef adjointe
morgane.halloy@matele.be

 

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