Commerce

Six départs en un an et demi au Delhaize de Leffe : plusieurs ex-employés dénoncent des pressions

publié le:22/01/2026 18:11:00 - mis à jour: 25/01/2026 01:41:30

Depuis la franchisation du supermarché en juillet 2024, six personnes ont quitté le magasin. Plusieurs ex-employés dénoncent des pressions. Le Delhaize de Leffe ne serait pas le seul concerné.

Un an et demi après la reprise du Delhaize de Leffe à Dinant par des franchisés, le supermarché se retrouve aujourd'hui sous le feu des critiques. Ces derniers mois, six employés qui travaillaient dans l'entreprise depuis plusieurs dizaines d'années ont quitté le magasin. Parmi eux, il y a Charlotte Thomas. Employée depuis 24 ans au Delhaize de Dinant, elle est partie d'un commun accord en septembre 2024. Elle dénonce la pression exercée par les repreneurs sur les travailleurs : 

Je me suis dit que, de toute façon, ils allaient me licencier. Étant ex-déléguée syndicale, j'ai fait de multiples actions devant le magasin, donc j'allais très probablement être en tête de liste. Et quand je vois comment les choses se passent actuellement, je pense que j'ai bien fait. Il y a un harcèlement permanent. Les responsables voient les anciens les uns après les autres en les poussant à partir d'un commun accord et en leur stipulant bien que, s'ils ne partent pas avec ce qu'on leur propose, qu'il y a suffisamment de caméras dans le magasin pour trouver une quelconque faute pour les mettre dehors pour faute grave.

Ils ont été plusieurs à nous faire part de ces méthodes au sein du magasin, mais n'ont pas souhaité s'exprimer. Les procédés décrits par les ex-employés ne surprennent pas Myriam Delmée, présidente du Setca :

La méthode est toujours la même. Soit on va voir les gens en leur disant qu'on a suffisamment de matière pour les virer pour motif grave et en leur proposant une rupture de commun accord. Ou quand les gens sont malades ou rentrent au travail avec des restrictions médicales, on leur dit qu'on n'a pas de poste adapté pour eux et que ce qui peut leur arriver de mieux, c'est qu'on les licencie pour force majeure médicale, c'est-à-dire sans indemnité de rupture.

Contactés par nos soins, les responsables du magasin ont préféré ne pas entrer dans les détails.

Entre juillet 2024 et fin décembre 2025, il y a eu six départs. Afin de respecter la vie privée des collaborateurs concernés, nous ne souhaitons pas donner plus de détails quant à ces départs. Sur la même période, neuf nouveaux collaborateurs ont été engagés.

Dinant ne serait pas un cas isolé

Selon les syndicats, la situation du Delhaize de Dinant n'est pas un cas isolé. Myriam Delmée explique :

Nous l'avions dit il y a presque trois ans, quand on a annoncé la franchise de tous les magasins : même s'il y avait un transfert automatique des contrats, on allait pouvoir constater au fur et à mesure du temps que les franchisés allaient se débarrasser des anciens contrats pour mettre à la place des gens moins chers, soit des étudiants, des flexi jobbers ou des gens qui n'ont pas d'ancienneté chez Delhaize et donc qui coûtent moins cher que les travailleurs qui ont été transférés. Malheureusement, je n'ai plus accès aux chiffres puisqu'il n'y a plus d'organes sociaux comme un conseil d'entreprise chez Delhaize pour pouvoir nous donner ces informations-là. Mais je serais très curieuse de savoir quels sont encore les anciens travailleurs réellement en service chez les franchisés trois ans après.

Rappelons que dans l'arrondissement, seul le Delhaize de Dinant était concerné par cette vague de franchisation il y a trois ans.

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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