Economie

Soldes d'hiver : un modèle à réinventer ?

publié le:04/01/2025 22:04:00 - mis à jour: 06/01/2025 17:24:36

Ce 3 janvier marquait l’ouverture des soldes d’hiver. Depuis plusieurs années, l’engouement pour les soldes est en déclin : la faute, entre autres, à la concurrence en ligne.

Pour ce premier week-end des soldes, les rues du centre-ville de Ciney étaient bien calmes. Les commerçants sont prêts, les étiquettes sont en place, mais les clients, eux, ne sont pas toujours au rendez-vous. Nora Delsipée, vendeuse dans la boutique Ju L'idée :

Les soldes ont beaucoup moins d'impact qu'il y a quelques années. On se rappelle des ouvertures avec les gens qui se ruaient dans les magasins. Ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui. C'est de la faute d'internet. Ils font des offres Black Friday pendant des semaines entières et font des soldes toute l'année.

Affluence plus importante dans ces deux boutiques à l'extérieur du centre-ville. Mais là aussi, on remarque des changements dans les habitudes des consommateurs. Patrice Gistelynck, le gérant de la boutique Trendy :

Il y a le pré-soldes et plein de promotions toute l'année. Les gens n'attendent plus les soldes pour faire de bonnes affaires. Ça fait 16 ans que je suis ouvert. La file devant le magasin le jour de l'ouverture des soldes, c'est terminé.

Un contexte socio-économique compliqué

D'après le baromètre annuel de l'UCM, seulement un commerçant indépendant sur dix s'attend à vendre davantage durant cette période. Aurélie Marichal, directrice de l'UCM Namur :

Les soldes permettent d'écouler le stock et à la fois de renflouer la trésorerie. Il y a la vente en ligne, la concurrence des promotions toute l'année, mais aussi un contexte particulier où les gens ne font plus de shopping plaisir. Les petits commerçants vivent du shopping plaisir.

Ce même baromètre révèle que deux tiers des commerçants refusent de proposer des offres combinées avant le début officiel des soldes. Une décision souvent liée à la crainte d'un impact trop précoce sur leur trésorerie. En effet, chaque réduction touche directement leur marge bénéficiaire. Andy Arnout, responsable de la boutique Les P'tits Canons :

En période de soldes, on vend certains de nos articles à prix coûtant, on n'a pas le choix pour rentrer dans nos frais. Il faut faire de la place pour la nouvelle collection. On prend des risques nous aussi, car on a acheté cette collection il y a un an déjà.

L'UCM demande une meilleure réglementation

Face à cette situation, l'UCM demande une meilleure application des règles sur les périodes de soldes, ainsi qu'une réglementation plus stricte des réductions en dehors de ces périodes. Aurélie Marichal ajoute :

Il faut peut-être aussi penser à réadapter cette période. Certains commerçants nous disent que janvier et juillet sont des mois qui ne sont plus propices pour les soldes. On doit se mettre autour de la table pour discuter des besoins des commerçants.

Ce premier week-end des soldes révèle les différents défis auxquels sont confrontés les commerçants indépendants depuis plusieurs années, avec des marges sous pression et des consommateurs dont les habitudes évoluent rapidement. Une chose est certaine : préserver l'équilibre financier des commerces locaux face à une concurrence de plus en plus intense devient une nécessité.

Fiorine Guéry, Journaliste
fiorine.guery@matele.be

 
 

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