Entre deux étapes, des pèlerins en route vers Compostelle trouvent refuge dans l’abbaye de Leffe, en bord de Meuse. Un havre de repos et de silence sur un chemin millénaire.
C'est un chemin millénaire, foulé par des millions de pas venus du nord, de l'est et de l'ouest du continent. Le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle traverse aussi la Belgique. Et parmi les haltes les plus paisibles, l'abbaye de Leffe offre aux marcheurs une nuit de repos… et parfois, de recueillement. Stéphanie et Pascal viennent de Bruxelles. Cela fait plus de vingt ans que ce couple de marcheurs confirmés rêvait de s'élancer sur ce parcours mythique.
On a commencé hier depuis Namur, et l'idée, c'est d'arriver à Santiago de Compostela un jour. Mais bon, on va faire par étapes. Donc là, on va jusqu'à Rocroi, au minimum… peut-être plus, cette fois-ci.
Un rêve accompli, à 60 ans
Pierre, lui, a déjà rallié Compostelle. Un rêve de jeunesse longtemps mis entre parenthèses… qu'il a fini par réaliser, passé soixante ans.
Je suis parti le 17 avril 2022, le jour de Pâques, depuis la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay. Un moment extrêmement émouvant. Et puis j'ai marché. Jusqu'à Roncevaux d'abord. Ensuite j'ai laissé passer l'été, trop chaud en Espagne. Et en septembre, je suis reparti… jusqu'à Compostelle. J'avais réalisé mon rêve.
Une préparation minutieuse
Tous se sont appuyés sur les Amis de Saint-Jacques, une association belge qui accompagne les futurs pèlerins dans la préparation du chemin : informations pratiques, conseils matériels, hébergements...
Il y a des abbayes, des lieux de culte, qui peuvent accueillir les pèlerins. On les contacte à l'avance, ils proposent souvent un petit hébergement. Et puis il y a les hospitaliers : l'association fournit une liste, qu'on trouve aussi sur leur site. On peut les prévenir la veille ou le jour même, donner une heure d'arrivée approximative. Ils proposent le gîte, un repas du soir, et un petit-déjeuner copieux pour repartir.
À Leffe, un accueil fraternel
À l'abbaye de Leffe, l'accueil est assuré par Frère Philippe. Discret mais attentionné, il reçoit les pèlerins comme des invités… de passage, mais jamais anonymes.
Quand ils arrivent, il y a souvent un gros coup de fatigue. En général, ils ont marché 25 à 30 kilomètres. L'autre jour, une personne avait enchaîné 40 kilomètres plusieurs jours d'affilée. On les accueille du mieux qu'on peut. Même s'il y a parfois la barrière de la langue, Google Traduction fonctionne très bien ! Ces gens viennent souvent chercher une rupture… et je crois sincèrement qu'ils reçoivent une grâce. C'est tout à leur honneur.
Une grâce sans doute méritée… après avoir laissé tant de pas sur les chemins d'Europe, sac au dos et cœur ouvert.