Politique

Témoignages: leur vie après le collège

publié le:03/12/2018 16:01:00 - mis à jour: 03/12/2018 18:23:38

Victor Floymont - René Ladouce - Didier Rouard

Quitter un exécutif peut parfois représenter un grand changement dans la vie personnelle et professionnelle. Témoignages des échevins Victor Floymont et René Ladouce à Dinant, et Didier Rouard à Houyet.

Trois échevins sortants, trois situations différentes. A Dinant, Victor Floymont faisait partie de la majorité LDB de Richard Fournaux, renversée par une coalition ID-Dinant-Dinant Autrement. Depuis 2015, il avait quitté son travail dans l'exploitation agricole familiale. Il se retrouve sans emploi:

J'ai été échevin pendant deux législatures, 12 ans. Maintenant je cherche de l'emploi. Je regarderai un peu dans le domaine comptable, peut-être une fiduciaire, toujours plus ou moins en rapport avec l'agriculture. Mais je ne me tracasse pas pour l'instant. C'est la première fois dans ma vie que je dois chercher un job puisque j'ai terminé mon graduat en comptabilité, puis j'ai fait mon service militaire, et puis j'ai repris la ferme familiale avec mon beau-frère. Je pense qu'il y a des gens qui comprennent le temps que prend l'activité d'échevin. Certains disent que j'étais toujours disponible, certains sont déçus des résultats, mais il faut bien respecter la loi des urnes.

Même commune, autre situation: René Ladouce a continué à travailler dans sa ferme, pendant son mandat d'échevin de l'enseignement.

J'ai été échevin pendant une législature: 2012-2018. J'ai toujours mon métier d'agriculteur, je ne pouvais pas négliger cet aspect des choses. Faire les deux, c'était compliqué et prenant, mais j'ai adoré la vie publique. Aujourd'hui, c'est un retour à 100% dans mon exploitation, comme je l'étais déjà. J'arrive tout doucement à l'âge de la retraite, mais je ne pourrai pas arrêter mes activités agricoles du jour au lendemain. J'ai également postulé pour un rôle d'expert auprès de l'ASFCA pour les indemnisations, en cas de problèmes agricoles, qu'ils soient sanitaires ou environnementaux. En politique, il n'y a pas de CDI, jamais.

A Houyet, Didier Rouard, de la liste Motiv'action, espérait devenir bourgmestre, ou au moins faire partie d'un collège. Il s'était organisé professionnellement en fonction de cela. Mais c'était sans compter sur le jeu des alliances entre Union Villageoise et ADN, qui l'a fait basculer dans l'opposition après 24 ans d'exécutif.

Cela fait quatre mandats, quand-même. Je n'ai jamais quitté le métier de médecin. Mais ici, je sentais que je pouvais obtenir le poste de bourgmestre, donc je m'étais bien organisé, pour mon emploi du temps et pour le suivi des patients. Comme je l'ai promis, nous avons créé une maison médicale sur Houyet, avec six médecins. Et cela me permettait de travailler plus - ou moins - pour la commune, en fonction de ce que j'obtiendrais ou non comme résultat. Ici, ça ne s'est pas concrétisé. C'est imprévisible, mais on doit s'y attendre. J'ai toujours pensé qu'il était possible qu'on se fasse dégommer, même s'il n'y avait pas vraiment de raison. Cela arrive, donc on doit être prêt, mais c'est vrai que ça fait bizarre.

Les trois mandataires continueront la politique, mais cette fois en tant que conseillers communaux, dans l'opposition, "de manière positive et constructive", disent-ils tous les trois.

Nicolas Lembrée, Journaliste
nicolas.lembree@matele.be

 

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