Ce mercredi soir, le comité du MR cinacien se réunissait pour débattre de son avenir pour le scrutin 2024. De Cheffert qui mène sa liste à Cheffert qui se retire de la vie politique. C'est le flou total au MR.
En politique, la vérité d'un instant n'est pas celle de l'autre. On vous explique! Mercredi soir, comme annoncé, sympathisants et élus du MR se sont réunis pour débattre de l'avenir de la liste Action suite au chamboulement du paysage politique cinacien entrainé par la scission de la liste Intérêts cinaciens.
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Lors de cette réunion, où chacun exprime ses sensibilités, un souhait se dégage : maintenir une liste MR à Ciney. Jean-Marie Cheffert annonce alors vouloir reprendre le lead du mouvement. « A chaque fois que j'ai tiré une liste, j'ai gagné les élections », nous lance-t-il ce jeudi matin. « Nous pourrions jouer les arbitres le soir du scrutin et peser sur la politique communale ». Le discours de l'ancien bourgmestre de Ciney fait mouche. Un nombre « significatif » de sympathisants adhère à l'idée. Mais pas Frédérick Botin, le chef de file du mouvement, ni une grande partie des conseillers élus.
Qu'à cela ne tienne. « Je suis un démocrate, je respecte la voix du nombre. J'ai pris acte », se résigne alors Frédérick Botin. La réunion se termine ainsi. Il est 22H30.
Volte-face inopiné
Retournement de situation moins de 8 heures plus tard. Il est 6 heures du matin quand un message de Jean-Marie Cheffert atterri dans la boîte mail de Frédérick Botin. Celui-ci lui annonce vouloir se retirer de la politique communale et ne plus se présenter en 2024. « La nuit porte conseil, je ne veux pas m'opposer à l'homme que j'estime être le plus à même de diriger la Ville », nous confie Jean-Marie Cheffert. Il poursuit:
J'ai pris les devants aujourd'hui matin parce que Frédérick Botin est quelqu'un que j'ai toujours apprécié et que j'apprécie toujours. J'estime qu'il a sa place dans la gestion de la Ville de Ciney et que si quelqu'un doit se retirer, c'est à moi à me retirer.
D'un scénario à son extrême. Tourbillon d'émotions et de stratégie politique, voilà Frédérick Botin bien déboussolé :
Je me suis couché avec une situation en tête et je me réveille avec une autre. Si certains sont capables de passer en une nuit du noir au blanc, moi, il me faut du temps. J'ai besoin de prendre du recul, d'analyser la situation, de reprendre contact à gauche et à droite et de m'entretenir avec la Fédération du MR, car les élections régionales et fédérales viennent compliquer la réflexion.
Et maintenant?
D'une réunion qui devait éclaircir l'avenir du groupe, le MR cinacien se retrouve aujourd'hui dans un flou encore plus trouble qu'hier. Là où certains – Jean-Marie Cheffert le premier - pensaient un Botin tout acquis à la cause du bourgmestre Deville, rien n'est moins sûr. Le chef de file Action dit vouloir étudier tous les scénarii, y compris celui d'arrêter la politique:
Je ne suis pas un fils de, je ne suis pas un politicien de long vol, je suis arrivé en politique par hasard et je pourrais très bien repartir comme je suis arrivé. Je fais de la politique par passion, j'ai un autre métier qui me plaît. Je suis un homme de dossiers. Je suis lassé et fatigué du climat politique ambiant. Quand on voit le bashing dont on est parfois victime sur les réseaux sociaux, il faut une sacrée motivation pour faire de la politique communale. Je vais voir si je peux retrouver un projet qui ravive la flamme. Je ne suis pas un homme qui aime vivre dans les conflits. Ce qui m'anime, c'est de mener à bien des projets qualitatifs pour ma ville.
Tous les scénarii restent ouverts
Ce jeudi matin, Frédérick Botin disait vouloir prendre le temps de la réflexion. Va-t-il se retirer ? Créer sa propre liste MR ? Se rallier à Frédéric Deville ou à Anne Pirson ? L'intéressé soutient mordicus qu'il n'en n'a pas la moindre idée. L'option des « Engagés » semble toutefois la moins probable. « Nous n'avons pas du tout été contactés par la première échevine, elle ne semble pas vouloir de nous. » Des pourparlers et des négociations ont par contre bien eu lieu entre Botin et Deville. Mais rien n'est fait, nous dit-on au MR.
Les instances du MR veillent et surveillent
A l'étage supérieur, les téléphones chauffent également. Le président de la Fédération provinciale du MR, David Clarinval, nous confirme suivre la chose de près, voire de très près ces derniers jours. "J'ai eu un échange tôt ce matin avec Jean-Marie Cheffert. J'ai pris acte de sa décision." Et d'ajouter:
Plus que jamais, notre chef de file est Frédérick Botin. C'est lui qui va devoir mener les discussions tous azimuts. Je ne m'oppose à aucun scénario. Nous sommes au centre du jeu, mais il faut ramener aujourd'hui le calme et surtout ne pas prendre de décision hâtive. Le choix que nous poserons sera celui qui défend nos valeurs libérales et les intérêts des cinaciens.
Jeux politiques, stratégies, négociations… Rendez-vous au prochain rebondissement !