Rochefort: polémique autour du festival "A travers champs"
publié le:02/03/2016 13:44:08 - mis à jour: 03/03/2016 13:46:33
Le Festival "A Travers Champs" démarre ce mercredi. En coulisse, les débats ont déjà démarré. La question qui se pose, c'est de savoir quel type d'agriculture ce Festival défend.
Le Festival du film sur la ruralité soutiendrait-il un type d'agriculture au détriment d'un autre? C'est la question que se posent certains agriculteurs qui ont participé au démarrage de ce projet de festival il y a 10 ans à Rochefort. Certains agriculteurs, partenaires de la première heure, ont claqué la porte du festival en 2012, après la projection d'un film qui leur semblait stigmatiser les agriculteurs traditionnels.
Après le clash de 2012, le dialogue a repris, entre les organisateurs du festival et les agriculteurs dits traditionnels. Ces derniers se sont déclarés d'accord de participer si le festival comptait parler et soutenir le métier d'agriculteur.
André Calende faisait partie des agriculteurs déçus par l'orientation du festival:
"Le film ne faisait que taper sur notre dos, on était les mauvais. (...) Il faut constater que c'est une certaine branche de l'agriculture qui se présente."
La directrice du Centre culturel de Rochefort Carine Dechaux conteste cette vision:
"De fait, des agriculteurs nous ont dit qu'ils participaient pour défendre leur métier, pas pour casser leur métier. Mais ce n'est pas du tout un projet qui vise à défendre une agriculture plutôt qu'une autre. Ce n'est pas notre propos de mettre deux agricultures en opposition. C'est un faux débat, et je n'ai pas envie de cautionner ce procès."
Dans ce débat, François Bellot, Bourgmestre de Rochefort et Président de la Commission de l'agriculture au Parlement wallon déclare qu'il comprend les cultivateurs qui se sont sentis exclus du festival:
"Je suis étonné que le festival ait pris cette orientation là. Cela s'adresse plus à l'agriculture alternative, à une forme de militantisme bio qui représente 10% du secteur. Les autres me disent: on n'a plus notre place, on a l'impression d'être stigmatisés."
L'organisation du festival a renoué le dialogue avec le monde agricole pour recréer le consensus. Le comité de visionnage des films s'est élargi, indique L'Avenir. Et les débats parfois enflammés qui suivaient les films ont été supprimés.