Environnement
Un inventaire des obstacles artificiels dans le bassin de la Semois
publié le:26/03/2024 16:39:00 - mis à jour: 26/03/2024 18:32:54
En obtenant le titre de Parc National, la Vallée de la Semois possède désormais les moyens de mettre en valeur son patrimoine naturel dont ses cours d'eau.
Céline Hanzen est experte des écosystèmes et fait l'inventaire de tous les obstacles artificiels qui entravent le libre parcours des animaux et des végétaux dans les rivières ardennaises. C'est le cas de ces canalisations dans lesquelles s'écoulent le Torsanru, un petit ruisseau en amont du village de Membre (Vresse-sur-Semois).
Des buses en béton, par exemple, sont mal dimensionnées. Elles accélèrent le débit de l'eau et créent une fosse de plus d'un mètre de profondeur. Au fil du temps, cela va se creuser davantange et créer des chutes d'eau. L'accès au reste du ruisseau sera alors impossible pour les poissons.
Des obstacles faits par l'homme, il en existe près de deux cents dans le bassin de la Semois, le cours d'eau emblématique de la région. La mission de cette écologue, engagée par le Contrat de Rivière Semois-Chiers, est d'en réduire l'impact sur la nature.
Une rivière libérée de l'impact de ces obstacles est fonctionnelle. Elle va nous apporter des services écosystémiques. Elle touche à nos ressources en eaux potables, à l'atténuation des risques d'inondation. C'est une rivière où les sédiments vont pouvoir se déplacer librement. On restaure ainsi des habitats.
Valoriser et préserver le patrimoine
Depuis l'obtention du titre de Parc National de la Vallée de la Semois et l'enveloppe de 18 millions € qui va avec, une série d'actions a été lancée pour valoriser et préserver le patrimoine naturel. Ce recensement en fait partie, tout comme l'aménagement des endroits qui posent problème.
ll faut se rendre compte que, dans la Vallée de la Semois, il n'y a pas que les impératifs de la nature qui nous importent. On est dans un milieu assez complexe où il y a des activités économiques comme le tourisme, la sylviculture ou l'agriculture. Il faut prendre tout cela en compte. Ce n'est pas aussi simple que cela de dire qu'il faut enlever tel ou tel élément. Il y a toutes les questions liées au patrimoine.
Le Parc National de la Vallée de la Semois s'étend sur plus de 30.000 hectares, dont près de 700 kilomètres de cours d'eau.