Urbanisme

Un projet d'exploitation agricole sème la discorde dans un village de Beauraing

publié le:02/03/2021 14:38:00 - mis à jour: 03/03/2021 15:22:51

A Wancennes (Beauraing), un projet d'exploitation agricole suscite la polémique dans le village. Certains riverains s'opposent à ce projet porté par un couple d'agriculteurs anversois.

A Wancennes, village sur les hauteurs de la commune de Beauraing, un couple d'agriculteurs anversois possède plusieurs terres agricoles, nichées au sommet d'une crête de la Famenne. De l'une de leurs parcelles, se dresse l'un des plus beaux points de vue à 360 degrés de la région. Si bien que ce champ est d'ailleurs repris dans un périmètre d'intérêt paysager. L'endroit présente bien des atouts que le couple anversois veut exploiter pour y établir une étable destinée à l'élevage de 122 bovins, ainsi que pour y construire son habitation familiale. Greta Rijvers défend son projet :
Nous possédons plusieurs parcelles de terre à Wancennes. Celles choisies pour le projet sont les mieux adaptées à notre activité. Elles sont relativement plates. Les bois tout proches protégeront la ferme des vents dominants. En s'installant à l'écart du village, l'exploitation sera moins gênante pour les habitants. Les bois proches atténueront l'impact visuel en cachant la ferme. De nouveaux arbres pourront être plantés pour atténuer davantage l'impact paysager.

Permis unique refusé en 2018 

Le projet en est à sa deuxième version, puisque la demande de permis unique pour l'original en 2018, avait été refusée par la commune et la Région wallonne. 

La deuxième version, au stade l'enquête publique, se heurte encore aux plaintes des riverains qui associent cette potentielle exploitation agricole à un véritable coup de poing dans le paysage comme l'indique Claire Nimal, riveraine:

Ce sont des constructions aux gabarits énormes. Aucune végétation ne va empêcher la nuissance visuelle de ce bâti non-traditionnel, composé de parpaings et de tôles ondulées, qui ne respecte pas l'endroit. Le projet ne s'intègre pas à son environnement.

"Ce projet a été mené sans concertation"

Jean-Michel Leclercq est le riverain le plus proche de la parcelle où pourraient s'implanter l'étable et l'habitation du couple d'agriculteurs anversois. S'il s'oppose aussi fermement à l'emplacement choisi pour le projet, il regrette avant tout que le couple anversois n'ait pas pris la peine de se concerter avec la population locale:

Leur projet a été mené sans aucune concertation. Il y avait des possibilités de dialoguer avec le village pour trouver des solutions. Ce qui n'a pas été fait. Il y a une volonté de s'imposer sur le territoire sans aucun dialogue, avec un total manque de respect envers la population locale. On ne va pas lui reprocher d'avoir envie d'habiter ce village et de vouloir y travailler, mais pas à cet endroit.On lui reproche de choisir ce site et de ne prétexter qu'il n'y en a pas d'autres alors qu'il possède plusieurs terres. Il y a d'autres moyens de s'implanter de façon plus discrète et reconnaissante vis-à-vis du voisinage.
Ces riverains de Wancennes voient en ce projet d'autres problèmes tels que les nuisances liées au charroi, ou encore la problématique des ressources en eau potable qui manquent parfois dans le village. Les villageois mécontents ont rassemblé et détaillé toutes ces données techniques avec minutie dans un document transmis dernièrement aux autorités communales. Ils viennent aussi de lancer une pétition. Fauve Massart, habitante de Wancennes, en explique la raison:
L'enquête publique ne dure que quinze jours. Ce qui nous laisse très peu de temps pour informer la population de ce projet. Il faut que les gens soient conscients qu'il y a ce type de projet qui pourrait s'implanter à proximité de chez eux. Et qu'ils puissent dire non si cela leur déplaît avant qu'il ne soit trop tard.

"Une exploitation agricole de petite taille"

Le couple d'agriculteurs anversois estime que leur projet est mal compris par les riverains comme l'explique Greta Rijvers:  
Nous ne voulons pas établir à Wancennes une exploitation de type industrielle avec des nuisances énormes. L'exploitation y sera familiale, traditionnelle et de petite taille. Il nous a été conseillé d'installer l'exploitation plus près de l'entrée du village. Nous sommes persuadés que c'est là où il est implanté que le projet est le moins gênant pour tout le monde.

A ce stade de la procédure, l'enquête publique, d'une durée de deux semaines, est toujours en cours pour se clôturer le 8 mars prochain. 

Sur base des avis de l'enquête, de la CCATM et des autres experts consultés, la commune devra alors trancher pour octroyer ou non le certificat d'urbanisme, étape préalable et déterminante en vue d'une de demande de permis. 

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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