Commerce

Une nouvelle boulangerie à Hamois, le pari osé d'un couple en pleine crise énergétique

publié le:09/10/2022 17:54:00 - mis à jour: 10/10/2022 10:00:15

Un nouvelle boulangerie a ouvert à Hamois, pari risqué d'un couple de boulangers alors que le nombre de commerces qui mettent la clef sous le paillasson ne cesse d’augmenter.

Depuis quatre semaines, chaque dimanche, Céline Blerot et son compagnon François Solek préparent les commandes de leurs clients: pistolet, baguette, viennoiseries, box lunch, etc. Tout est fait maison. Alors que de nombreux boulangers raccrochent leur tablier suite à des factures d'énergies devenues impayables, Céline et François font le pari d'ouvrir « Eviga », une boulangerie au concept un peu particulier, explique le boulanger.

Nous ne sommes ouverts que le dimanche matin et nous fonctionnons uniquement sur commandes. Il n'y a pas de magasin, nous avons juste un atelier avec un comptoir pour que les clients qui ont commandé via notre site internet puissent venir enlever leurs boîtes.

Mieux maîtriser les coûts

En plus de ce système de commandes, ils utilisent des produits locaux et issus du circuit court comme, par exemple, le miel pour le granola qui vient du rucher de Léna à Ciney, ou encore la farine produite par la ferme de Corioule à quelques kilomètres de là. Cette manière de travailler pourrait permettre à ces boulangers d'exercer leur profession malgré la crise énergétique.

C'est vrai que nous ne savons pas à quelle sauce nous allons être mangés en ce qui concerne l'énergie, mais nous avions déjà fait le choix de travailler via un principe de commandes pour mieux maîtriser les coûts et limiter les invendus et le gaspillage. Ce système nous permet également de rationaliser l'utilisation de notre four.

"Il faut repenser nos façons de travailler"

Céline, employée dans le secteur médical, et François, commercial durant la semaine, consacrent désormais leur week-end à la boulangerie. Pour eux, c'est tout le système économique qu'il faut revoir si l'on veut sauver la profession.

C'est important de se remettre en question et de repenser les manières de travailler. Le schéma commercial ou économique que nous connaissons depuis des années a ses limites aujourd'hui. Il n'est plus viable. Il faut se réinventer.

Depuis début septembre, à cause de la crise énergétique, 10% des boulangeries ont réduit leur nombre de jours d'ouverture ou fermé complètement leur commerce.

 

 

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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