Santé
Unique en Wallonie : un GPS des poumons pour mieux diagnostiquer les cancers
publié le:19/03/2025 13:46:00 - mis à jour: 19/03/2025 16:12:04
Le CHU UCL Namur est le seul hôpital wallon à utiliser la navigation électromagnétique endobronchique. Ce GPS des poumons permet d’atteindre des nodules cancéreux inaccessibles par les moyens traditionnels.
Par la bouche de sa patiente, Lionel Pirard descend dans les voies respiratoires, guidé par un système unique en Wallonie: la navigation électromagnétique endobronchique. Le pneumologue-oncologue au CHU UCL Namur décrit cette technologie comme un GPS des poumons:
Cette patiente a un nodule, une petite tâche dans le poumon qu'on voit grandir depuis plusieurs mois et qui est potentiellement suspecte. Problème, quand on utilise une technique endoscopique et la caméra, les bronches se rétrécissent. À un moment donné, on ne voit pas ce qui est au delà, la lésion est trop lointaine. En utilisant ce système de navigation, qui est en fait un cathéter qui se retrouve dans un champ électromagnétique, donc on peut guider jusqu'à la lésion.
À partir d'un scanner du thorax réalisé au préalable, l'arbre bronchique du patient est reconstitué en trois dimensions. Il s'agit du système respiratoire composé, comme son nom l'indique, des bronches. Le nodule potentiellement cancéreux est marqué, le système informatique programme alors l'itinéraire à suivre par le pneumologue vers cette grosseur.
Une fois qu'on est au niveau de la lésion, on injecte un peu de colorant et on place un repère métallique qui est radio opaque. Ainsi, la lésion va pouvoir être retrouvée par le chirurgien. Tout cela se déroule pendant le même temps opératoire. La patiente est toujours endormie. Le chirurgien prend le relais et procède à une thoracoscopie. Il réalise des petits trous au niveau du thorax et via des caméras, repère le marquage que j'aurai réalisé. Il peut ainsi retirer une petite partie du poumon qu'on va pouvoir analyser alors que la patiente est endormie pour confirmer le diagnostic. Si c'est bien une tumeur maligne, on verra si la résection qu'on a réalisé est suffisante ou s'il faut l'agrandir pendant la même intervention.
"Des pit-stops de Formule 1 au bloc opératoire"
C'est l'un des énormes avantages de cette technologie. Le diagnostic est plus rapide et l'opération est beaucoup moins invasive pour le patient. Le pneumologue et le chirurgien thoracique collaborent. Ce qui prenait parfois plusieurs semaines se fait dorénavant en un peu moins de quatre heures, comme le confirme Benoit Rondelet, chirurgien thoracique au CHU UCL Namur et directeur médical.
Tout ça nous permet de faire des pit-stops de type Formule 1 au bloc opératoire. On ramène les patients au bloc pour un diagnostic, ensuite on stratifie correctement la maladie et dans le même temps, il y a le geste opératoire, soit l'intervention définitive.
Lionel Pirard poursuit:
On sait que le pronostic du cancer est vraiment lié au stade de sa maladie. Plus le stade est précoce, meilleur est son pronostic et donc ça permet notamment une prise en charge chirurgicale qui est vraiment le meilleur traitement pour guérir du cancer.
Le cancer du poumon est l'un des plus meurtiers chez l'être humain. Plus de 9000 cas sont diagnostiqués par an.