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Kayaks qui touchent le fond: faut-il rehausser les débits seuils de la Lesse par temps de sécheresse?

publié le:14/07/2022 14:13:00 - mis à jour: 15/07/2022 09:55:23

La descente de la Lesse reste en partie ouverte malgré la sécheresse parce que les débits seuils légaux le permettent. Ces seuils devraient être revus à la hausse par le cabinet Tellier dans les années à venir.

À Walzin, sur la Lesse, en période de sécheresse, il est récurrent de voir les touristes tirer leurs kayaks pour avancer. Le niveau de la Lesse est tellement bas à cet endroit quand il fait très sec que les personnes n'ont d'autre choix que de marcher dans le lit de la rivière. Cette situation préoccupe Georges Hoyos, président de l'ASBL "Lesse Nature et patrimoine":

Il y a une règle qui fixe un débit en-deçà duquel les kayaks ne peuvent plus naviguer dans la rivière. Ce débit est de 2m³/s entre Houyet et Gendron. Il est 1,5m³/s entre Gendron et Anseremme. Au moment de cette interview, nous sommes à 1,9m³/s, donc au-dessus de ce débit. Les personnes doivent pourtant déjà sortir de leurs kayaks et marcher dans la rivière pour le tirer, ce qui est interdit. On a un débit qui est fixé par l'autorité qui est contradictoire avec la loi qu'elle a elle-même émise.

"Des normes dépassées"

Ces normes de débits seuils ont été établies il y a une quinzaine d'années. Déjà à l'époque, pour la protection du lit des rivières, elles étaient considérées comme trop basses par les scientifiques, comme le détaille Emmanuel Gennart, du service wallon des cours d'eau non-navigables:

Les débits, pour certains tronçons de cours d'eau, sont considérés comme étant trop bas. Certains loueurs ont d'ailleurs tendance à fermer avant la fermeture officielle parce qu'ils se rendent compte que pour leurs clients la navigation n'est pas idéale et pour la nature non plus.

Les inondations n'ont rien arrangé

Ajoutez à cela les inondations de juillet 2021. Elles ont élargi le lit de la Lesse par endroit et diminue encore la hauteur de l'eau en temps de sécheresse.

Cette situation n'est pas propre à le Lesse et concerne plusieurs rivières de Wallonie. C'est pour cette raison que la révision des débits seuils est clairement au programme de la ministre Tellier, ajoute Emmanuel Gennart, le "monsieur kayak" de l'administration wallonne:

Nous comptons mettre un bureau d'études externe sur le dossier pour étudier les impacts de la navigation à certains débits seuils. En fonction des résultats de cette étude, nous aurons des débits seuils admissibles qui seront proposés. Cela fera l'objet d'un nouvel arrêté du gouvernement wallon pour refixer ces débits seuils à un niveau correct.

"Nature et kayaks peuvent coexister"

Pour le loueur de kayaks dinantais, Olivier Pitance, son activité peut parfaitement coexister avec les besoins de la nature:

Jusqu'à preuve du contraire, il n'existe aucune étude scientifique qui dit que les débits sont trop bas ou trop hauts. Nous sommes les seuls à avoir une étude scientifique qui est en route depuis quatre ans. C'est une étude que nous menons avec la Région wallonne, le DNF, le Département de l'Étude du Milieu Naturel et Agricole. Elle montre que la nature peut accepter cette activité économique. Ce qui compte ce n'est pas de savoir si l'on dérange l'un ou l'autre naturaliste, c'est de savoir comment se comporte la nature avec l'activité.

La rehausse des débits seuils fera l'objet de négociations au sein du gouvernement wallon. Ce sont les politiciens qui ont le dernier mot, alors dans ce dossier, on est encore loin de l'épilogue.

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CDJ

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