Inondations
Voiries arrachées, passage à niveau détruit, maisons sinistrées: Dinant paye cher les pluies diluviennes
publié le:25/07/2021 16:47:00 - mis à jour: 26/07/2021 13:22:39
Les orages et pluies diluviennes qui se sont abattus samedi soir ont une nouvelle fois provoqué des ravages. A Dinant, les eaux torrentielles ont tout emporté sur leur passage : voitures, pavés, bitume.
Ce dimanche, les habitants de la rue et route de Philippeville à Dinant ainsi que de la rue Sodar n'en reviennent toujours pas de ce qu'ils ont vécu la veille. Samedi soir, vers 19h00, une vague a soudainement déferlé dans le quartier. Les eaux torrentielles ont tout emporté sur leur passage. La violence et la rapidité du phénomène ont surpris tout le monde. Marc Haubursin, habitant de la rue Phippeville, témoigne.
Il a commencé à pleuvoir doucement et puis, brusquement, il y a eu un orage qui a duré 30 minutes environ. Après l'orage, tout d'un coup, il y a une vague qui a dévalé toute la pente. La puissance était telle que toutes les voitures de la rue ont été emportées. Elles se sont amassées en contre-bas et ont formé comme un barrage naturel, ce qui a bloqué l'eau et submergé le quartier.
Bitume, pavés, gravats et une vingtaine de voitures ont ainsi terminé leur course à hauteur du passage à niveau de la rue Sodar. Dimanche matin, une grue déblayait déjà la montagne de pierres, mais les conséquences sont dramatiques pour le passage à niveau de la rue Sodar, comme l'explique Gilles Gruselin, ingénieur de maintenance Infrabel:
Plus rien n'est bon. Tout a été détruit. Il y a énormément de boues au niveau des voies. Il faut envisager un renouvellement complet du passage à niveau et un assainissement des voies. Un travail considérable nous attend. En attendant, les lieux sont impraticables et la circulation ferroviaire impossible.
Du jamais vu
Dans les rues touchées, le spectacle est désolant. Trottoirs et voiries ont été arrachés par les flots. Les caves et les rez-de-chaussées des maisons ont été noyés sous les eaux. Le quartier avait pourtant été épargné par les inondations de la semaine dernière. Jamais un torrent d'une telle puissance n'avait été observé dans ces rues, comme l'explique encore Marc Haubursin.
Je vis ici depuis 40 ans et je n'ai jamais rien eu. C'est la première fois. On n'a tout simplement jamais vu cela. Heureusement, il n'y a pas de victime. Mon voisin a à peine eu le temps de s'écarter. Il aurait pu se faire emporter par les eaux.
Des questions sans réponse
A Bouvignes, petit village situé un peu plus loin. Les habitants ont également assisté impuissant au même scénario catastrophe. Mathilde, une jeune habitante, témoigne:
C'était horrible. On voyait tout la route qui était en train de se déchausser et de se casser. C'était affolant. On s'est réfugié au premier étage et on est resté bloqué 2-3 heures au premier étage. On a attendu que l'eau redescende suffisamment parce qu'il y avait beaucoup de verres cassés qui flottaient, c'était dangereux.
Ce dimanche matin, l'heure était au nettoyage et à l'évacuation des détritus dans les quartiers sinistrés. Les victimes des inondations ont une nouvelle fois pu compter sur la solidarité et l'entraide des gens. Mais beaucoup s'interrogent sur ce phénomène totalement inédit. Comment des pluies de 30 minutes, aussi intenses soient-elles, ont-elles pu provoquer un tel torrent d'eau et autant de dégâts? Des questions auxquelles les autorités devront apporter des réponses, mais aussi des solutions afin d'éviter un nouveau phénomène catastrophe.