Médias

3.000 personnes pour sauver Matélé : la ministre balaie les inquiétudes et promet une couverture maintenue

publié le:04/11/2025 16:07:00 - mis à jour: 06/11/2025 16:16:30

Photo : Belga

Interrogée en commission par le député Ecolo Stéphane Hazée, la ministre des médias Jacqueline Galant a réagi à la mobilisation de plus de 3.000 personnes pour sauver Matélé.

C'était le 23 septembre dernier, plus de 3.000 personnes étaient rassemblées au Ciney Expo pour soutenir Matélé dont l'avenir est menacé par la réforme des médias de proximité. L'événement a rebondi ce mercredi en commission du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles suite à une question de Stéphane Hazée (Ecolo). 


A LIRE AUSSI : Plus de 3.000 personnes pour sauver Matélé


La ministre à l'origine de cette réforme, Jacqueline Galant, n'avait en effet pas encore réagi à cette large mobilisation qui, comme l'a souligné Stéphane Hazée dans son intervention, équivaut à une manifestation nationale de 300.000 personnes dans les rues de Bruxelles, chose qu'on « ne voit pas toutes les décennies ». 

 

Le député écologiste, après avoir fait remarquer que la mobilisation en soutien à Matélé met à mal l'argument selon lequel seuls quelques élus locaux se battraient pour leur média de proximité pour « garder leur place dans le poste », interroge : 

 

Quelle est votre analyse d'un soutien populaire aussi important ? Quel dialogue le gouvernement est-il finalement prêt à ouvrir, est-il prêt à sortir de l'approche arbitraire et idéologique qui est en cours depuis maintenant plusieurs mois quant au nombre de médias de proximité ? Avez-vous à présent des estimations quant aux pertes d'emplois pour Matélé et plus largement pour les médias de proximité auxquelles donnera lieu la réforme préparée par vos gouvernements ? 

La réponse de Jacqueline Galant tient en quelques lignes : 

 

Je déplore tout d'abord que cette mobilisation ait été fondée sur des informations destinées à créer ou à attiser des peurs, à faire croire à des associations, à des artistes, à des clubs sportifs, à des entreprises ou à des citoyens, que la conséquence de notre réforme serait que leur activité ne ferait plus l'objet d'une couverture médiatique à l'avenir. C'est totalement faux. Je l'ai dit, et je le répéterai autant de fois que nécessaire, cette réforme n'affaiblit pas l'information de proximité et il n'y aura aucun désert médiatique en Fédération Wallonie-Bruxelles. (…). Je peux comprendre que le changement puisse faire peur, surtout quand les réformes sont ambitieuses et remettent en question un statut quo existant depuis des décennies. 

Sans aborder la question de l'emploi, Jacqueline Galant poursuit en affirmant que l'ensemble des territoires continueront à être couverts : 

 

J'ai souhaité que la réforme n'entre en vigueur que dans cinq ans, en 2031, ce qui devrait permettre à l'ensemble des acteurs de se réorganiser dans la bonne intelligence et la sérénité nécessaire. A l'avenir, quoiqu'en disent les conservateurs pour qui rien ne doit changer, des structures plus grandes et plus solides financièrement, continueront à couvrir l'intégralité de nos territoires en conservant, par exemple, des rédactions décentralisées, des décrochages locaux ou d'autres programmes ciblés.

"La réforme ne repose sur aucune base solide"

 

Loin d'être convaincu du fait que la réforme permettra de conserver une couverture médiatique équivalente, Stéphane Hazée use de son droit de réplique : 

 

Bien sûr, à court terme, on promettra qu'il reste des rédactions décentralisées, qu'il reste une couverture au terrain, et je n'ai pas de peine à penser que ça puisse être vrai à court terme. Et puis, soudainement, les choses poursuivront leur cours et s'effilocheront progressivement les garanties qui avaient été données. 


A LIRE AUSSI : Après la mobilisation pour Matélé, comment se positionnent Christophe Bastin et Valérie Warzée?


Pour le député écologiste, la réforme ne repose sur aucune base solide : 

 

En réalité, au point de départ, il n'y a aucune évaluation pour justifier le changement, à part des caricatures. Je rappelle que les slogans qui sont évoqués, quant au fait que toutes les médias de proximité seraient en quasi faillite, est évidemment aussi contradictoire avec les faits, puisque si certains d'entre eux sont en situation financière difficile, ce n'est pas le cas de Matélé, que certains refuseraient le changement de la manière d'évoluer sur le numérique. C'est aussi contredit par les faits, puisque Matélé est aussi dans ces médias de proximité qui ont embrassé depuis longtemps ce défi. Bref, on a toujours cette traduction d'une volonté idéologique arbitraire. 

Le Directeur de Matélé y croit toujours

 

Suite à cette réaction de la ministre, le Directeur de Matélé, Laurent Costantiello se dit déçu du manque de considération pour la mobilisation de plus de 3.000 personnes : 

 

Plus de trois mille personnes ont espéré faire bouger les lignes à travers cette mobilisation. Aujourd'hui, on entend juste quelques mots de la ministre. Nous nous attendions à plus de considération de sa part mais on ne baisse pas les bras. 


A LIRE AUSSI : Une mobilisation historique, aux politiques de transformer l'essai


Sur le fond, Laurent Costantiello veut croire à une ouverture : 

 

La réforme n'affaiblit pas l'information de proximité, c'est ce que dit la Ministre. J'en déduis que Jacqueline Galant va nous confirmer que les subsides alloués aux médias de la province de Namur ne seront pas diminués en 2031. Sinon, comment garantir une couverture équivalente ? Nous attendons des engagements sur l'enveloppe budgétaire.

La direction de Matélé comme son conseil d'administration maintiennent le cap : le média de proximité de l'arrondissement de Dinant veut rester une structure indépendante.

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30