Mouvement social

48h de grève chez Lhoist à Jemelle

publié le:01/12/2023 15:50:00 - mis à jour: 03/12/2023 10:14:30

La grève se poursuit chez Lhoist à Jemelle. Le mouvement de protestation a duré vingt-quatre heures sur les sites de Marche-les-Dames et Hermalle-sous-Huy. Il devrait durer quarante-huit heures à Jemelle.

Les machines sont à l'arrêt dans la carrière de la Boverie, à Jemelle. Depuis ce jeudi matin, les travailleurs de Lhoist se croisent les bras en signe de protestation. Ce mouvement de grève fait suite à l'échec des négociations dans le cadre des prépensions. La direction du groupe industriel accepte de les octroyer mais elle ne remplacera pas de manière systématique l'employé qui part en prépension. C'est inacceptable pour Frédéric Lucchetta, permanent syndical à la FGTB Namur-Luxembourg.

On craint que Lhoist laisse partir des travailleurs et qu'il y ait beaucoup de pertes d'emploi parce qu'ils ne sont pas remplacés. On veut installer un dialogue au sujet des travailleurs et décider ensemble, syndicats et direction, s'il est nécessaire de remplacer le travailleur ou non. Mais la direction ne veut pas qu'on discute du remplacement.

Analyser au cas par cas

De son côté, la direction se retranche derrière l'application de la loi. Laurence Indri, directrice des relations extérieures pour Lhoist Belgium n'en démord pas.

Il faut analyser au cas par cas mais c'est à l'employeur de décider comment organiser et structurer l'activité et le nombre de personnes au travail.

L'action syndicale porte aussi sur l'aménagement de fin de carrière des travailleurs et la demande de certains de bénéficier d'un crédit-temps, une fois atteint l'âge de 45 ans.

Il y avait normalement, pour ces travailleurs, un complément payé par le travailleur, vu la perte de revenus en 4/5 temps. Ce n'est plus le cas. C'est une deuxième claque dans la figure des travailleurs.

Une nouvelle réunion mardi prochain

Fin mars, les travailleurs de la carrière Lhoist de Jemelle avaient déjà fait grève, dénonçant un mal-être depuis la restructuration de l'entreprise et un manque de personnel qui affecte leurs conditions de travail. Le climat semble tendu cette année sur les hauteurs du Gerny. Le permanent syndical abonde dans ce sens.

Il y a aussi l'incertitude par rapport au permis d'exploitation qui crée des tensions sur le site de Jemelle. C'est un climat qui n'est pas serein. Les derniers éléments ne font qu'attiser le feu.

Laurence Indri rappelle que le dialogue n'est pas rompu avec la direction:

On a proposé une nouvelle réunion ce mardi, on attend la confirmation de la présence des représentants des travailleurs. 

Ce vendredi, les travailleurs auraient dû fêter la Sainte-Barbe, patronne des carriers. Mais suite à l'annonce de la grève, la direction a décidé d'annuler l'événement.
 

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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