5 août 1914: les premiers soldats allemands aperçus dans l'arrondissement de Dinant

publié le:04/08/2014 18:00:13 - mis à jour: 08/08/2014 11:25:14

C'est peut-être à Jemelle que les premiers uhlans (cavaliers allemands) ont été aperçus le 5 août 1914 dans l'arrondissement de Dinant, peu avant 5h du matin. Ils jetaient autour d'eux des regards "inquiets et défiants" selon le vicaire de Jemelle.

Les détails de l'invasion allemande lors de la Première Guerre Mondiale dans la province de Namur ont traversé l'histoire: ils ont été précieusement recueillis et consignés par le chanoine Jean Schmitz, secrétaire de l'évêché de Namur, et le frère Norbert Nieuwland, de l'abbaye de Maredsous. C'est ainsi que l'on peut suivre l'apparition des premiers uhlans, ces cavaliers allemands, village par village, grâce aux compte-rendus du clergé local.

C'est peut-être à Jemelle que les premiers uhlans ont été aperçus dans l'arrondissement de Dinant: le vicaire M.Melchior releva la présence de neuf uhlans.

"Ils promenaient autour d'eux, note M.Melchior, des regards inquiets et défiants. Le commandant de la garde civique les poursuivit sans tirer sur eux."

Rochefort aussi reçut la visite des premiers éclaireurs allemands: à 16h, quatre uhlans venant de Malmédy s'arrêtèrent à l'abbaye Saint-Remy, où ils demandèrent à manger.

M.Baijot, le curé d'Haversin (Ciney), releva aussi la présence d'uhlans dans son village:

"Ils sortaient des bois voisins où ils avaient établi leur repaire."

A Pessoux (Ciney), 150 uhlans débouchèrent dans le hameau de Jannée.

"Au milieu du village, à un carrefour, racontent Schmitz et Nieuwland, ils rencontrèrent deux gendarmes belges à cheval, échangèrent avec eux quelques paroles, puis leur laissèrent continuer leur route vers Namur."

M.Dupuis, le curé de Conjoux (Ciney), rapporte que ce même jour, des uhlans ont traversé le village à la nuit tombante:

"(...) assurant qu'ils étaient des amis, ils demandent à manger chez Malherbe et donnent à un enfant de la maison une pièce belge de cinq francs".

Ces mouvements inquiètent Dinant. Le 4 août, le bourgmestre Bribosia s'attendait à "voir des éclaireurs allemands dans les 48h au plus tard." Le 5 août, le bourgmestre Bribosia de Dinant nota dans ses carnets:

"Le conseil communal se réunit; on décide de faire une demande à l'Etat-Major afin d'obtenir qu'on nous envoie des troupes régulières."

Le 5 août, une soeur consigne dans le cahier de l'abbaye de Maredret:

"Le Père Abbé a reçu l'ordre du gouvernement de faire partir immédiatement tous les moines et les 20 frères allemands qui doivent quitter la Belgique au plus tôt ! Ce départ comme bien on pense a été déchirant, tous sanglotaient...... Bon nombre de clercs de Maredsous se sont enrôlés comme ambulanciers.... P. Abbé a demandé à ses moines ceux qui éventuellement voudraient être aumôniers militaires, presque tous se sont offerts...

Ici on fait en toute hâte des étoles violettes et des bourses pour tous les aumôniers. On achève aussi les drapeaux de la Croix rouge. 

On continue à travailler chacune de son côté à mettre en lieu sûr tout ce qui a de la valeur et aussi les provisions de bouche.... On prévoit la famine comme conséquence de la guerre terrible qui se prépare dans le monde entier

(...) on entend distinctement le canon qui tonne, on dirait assez près d'ici ; on s'est battu toute la journée autour de Liège, mais les journaux ont la consigne de ne rien dire de précis, les indiscrétions pouvant compromettre gravement les intérêts de notre armée. Les 4 provinces de Limbourg - Liège - Namur - Luxembourg sont en état de siège depuis aujourd'hui, ts les pouvoirs civils ont passé aux mains des autorités militaires. Nous apprenons que la garde civique de Maredret est mobilisée, elle sera sur pied cette nuit, elle compte 4 unités !!! ils ont joué aux cartes en attendant l'ennemi..."

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CDJ

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