6 août 1914: "Evitez tout acte d'hostilité"

06/08/2014 07:00:00

Le 6 août 1914, le lieutenant général Clooten proclame l'état de guerre. En province de Namur, à la suite de l'apparition des premiers éclaireurs allemands, le gouverneur appelle la population à ne pas manifester d'hostilité à l'égard de l'envahisseur.

La guerre vient d'être proclamée le 6 août. Le même jour, le bourgmestre de Ciney M.Delooz note dans ses carnets que le Collège a fait afficher l'article 123 du Code pénal:

"Quiconque, par des actions hostiles non approuvées par le Gouvernement aura exposé l'Etat à des hostilités de la part d'une puissance étrangère, sera puni de la détention de cinq ans à dix ans et si des hostilités s'en sont suivies, de la détention de dix ans à quinze ans."

En filigrane de ce rappel à l'ordre, la crainte évidente de représailles de la part de l'armée allemande.

La ville de Ciney fait aussi apposer une affiche avec un message du gouverneur civil de la province de Namur, le Baron de Montpellier:

"Nous recommandons à toute la population et particulièrement la population rurale de montrer le plus grand calme dans les circonstances que nous traversons. Il faut éviter tout affolement irréfléchi comme tout acte d'hostilité.

La force publique est chargée de défendre le sol de la Beglique, nul n'a le droit de se substituer à elle.

Que la population reçoive donc avec calme les soldats qui se présenteraient, à quelque nationalité qu'ils appartiennent. Ayant traité les étrangers avec égards, elle aura droit de son côté aux mêmes égards de leur part.

Nous recommandons à tous les habitants d'éviter tout acte qui pourrait attirer des représailles de la part de qui que ce soit."

Premières escarmouches

Les premières escarmouches entre armées belge, allemande et française commencèrent le 6 août dans la région.

Entre le 6 et le 9 août, le curé de Foy-Notre-Dame, M.Petitjean relate des va-et-viens de patrouilles d'uhlans entre Sorinnes, Celles et Foy.

"Un jour, un de leurs chevaux fut tué par des balles françaises. Ils rentrèrent à la ferme en colère: "Nous étions partis en amis, nous revenons en ennemis! Il nous faut de l'avoine, et nous ne paierons pas!""

Le curé d'Anseremme, l'abbé Legrand, relate quant à lui des accrochages sur le pont Saint-Jean:

"A 9h30, sept hussards venant du Froidvau traversèrent très à l'aise une partie des rivages et la rue d'Anseremme pour aboutir au pont Saint-Jean; ils s'y arrêtèrent quelques minutes, examinant le pont du du chemin de fer et, au moment où ils rebroussaient chemin, les soldats belges embusqués sur le pont tirèrent sur eux, une cheval fut blessé."

D'après ce même témoignage, la population ne leur témoigna aucune hostilité et "se borna à les regarder passer":

"Quelqu'un leur ayant demandé s'ils étaient des lanciers belges, un "Ja" accompagné d'un gros sourire fut la réponse."

Conclusion du curé d'Anseremme:

"Un homme décidé aurait pu certes tirer sur eux sans le moindre danger, mais l'idée n'en était venue à personne."

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CDJ

22H30