8 août 1914: l'armée française acclamée par les habitants

publié le:08/08/2014 07:00:00 - mis à jour: 08/08/2014 11:52:18

Collection Famille Bribosia

Le 8 août 1914, les troupes françaises sont bien présentes désormais. Elles défilent dans les villages et sont acclamées par les habitants.

Le 8 août, la présence de plus en plus visible des troupes françaises rassure la population, comme en attestent les rapports des curés consignés par le chanoine Schmitz.

Ainsi le curé de Conjoux (Ciney), M.Dupuis, nota à la date du 8 août:

"Des troupes françaises venant de Beauraing et gagnant Liège défilent pendant deux heures, acclamées par les habitants, tandis que, comme on l'apprit plus tard, des éclaireurs ennemis observent la scène, cachés dans les haies qui bordent la route."

A Dorinne (Yvoir), le curé, M.Servais, relève que son village commençait à manquer de pain, et que sur les routes de Dinant "on rencontrait des groupes de gens de toutes conditions qui, de plusieurs lieues à la ronde, venaient tenter de s'y approvisionner en pain":

"Moi-même, pressé par la commune nécessité, je m'y rendis le 8 août, en compagnie de mon clerc-chantre. Le faubourg de Leffe était sillonné de soldats français et nombre de maisons étaient pavoisées aux couleurs de la République."

A Buissonville (Rochefort), le curé M.Mailleux, évoqua un accueil dans "le délire":

"A 7h30, on annonça que des soldats avec culottes rouges étaient au poteau de Navaugle; les gens se dirent "Ne sont-ce pas des Français?" Bientôt toute la paroisse fut là, dans le délire. Quand j'arrivai, il passait des cyclistes: la plupart avaient un chapelet, un scapulaire ou une médaille au guidon de vélo, à la poitrine ou au poignet. A 10h30, des cavaliers défilèrent deux heures durant, aux cris de "Vive la France!" Les larmes dans les yeux, je bénis les troupes à la demande d'un capitaine, et le curé de Frandeux le fit pour un second groupe de cavaliers."

A Maredret, les soeurs relèvent dans leurs annales, soigneusement retranscrites par M.Van Cranenbroeck, qu'elles pourraient être amenées à céder l'abbaye à l'armée française, ce qui occasionne des travaux précipités:

"On travaille activement à descendre dans les souterrains du côté de la crypte tout ce qui a de la valeur et tout ce que nous ne pouvons pas laisser à la portée des soldats, on déménage même la bibliothèque, le vestiaire, etc. (...) On va murer les souterrains pour mettre notre dépôt à l'abri d'un éventuel incendie. Dans la soirée les nouvelles sont meilleures, le P.Abbé fait dire qu'il n'y a pas de danger immédiat pour nous et que nous pouvons rester dans notre monastère, les troupes descendent plutôt vers le Luxembourg où l'on prépare quelque chose à nos envahisseurs."

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CDJ

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