Une table pour deux

Axel Tixhon face à Richard Fournaux, un an après les élections communales

publié le:18/10/2019 14:09:00 - mis à jour: 19/10/2019 23:27:10

Le 14 octobre 2018, Dinant vivait une petite révolution : après quatre mandats, Richard Fournaux cédait le maïorat à Axel Tixhon. Un an après, les deux hommes reviennent ensemble sur cette soirée mémorable…

Ce fut une soirée électorale comme Dinant en a rarement vécu… Vers 18 heures, trois listes, ID ! d'Axel Tixhon, Dinant de Robert Closset et Dinant Autrement de Laurent Belot s'associent pour pousser Richard Fournaux vers la sortie. Après quatre mandats de bourgmestre, l'homme au nœud papillon est renvoyé dans l'opposition et Axel Tixhon, 24 ans après son père, devient bourgmestre de Dinant. Quelques semaines plus tard, Richard Fournaux sera, quant à lui, nommé député provincial.

Un an plus tard, nous avons réunis les deux acteurs principaux de cette soirée. En-dehors de tout enjeu électoral immédiat, ils nous ont livré le souvenir qu'ils gardent des élections communales, de la campagne qui les a précédées mais aussi leur vision politique pour Dinant.

La soirée électorale

Ce soir-là, Axel Tixhon et Richard Fournaux ne se sont pas parlé. Axel Tixhon le reconnaît, «on aurait peut-être dû». Richard Fournaux enchaîne:

«C'est vrai, on aurait peut-être dû mais je trouve que c'était à toi de me téléphoner.»

«Pourquoi ? Toi, tu aurais pu m'appeler pour me féliciter. Tu ne l'as jamais fait.»

Richard Fournaux acquiesce, «C'est vrai aussi». Les deux hommes s'accordent pour dire que cette absence de dialogue le soir des élections résulte d'une campagne électorale dure entre les cinq listes. L'exclusive posée par Richard Fournaux sur le plateau de Matélé quelques jours avant l'élection semble avoir pesé lourdement. Il avait clairement affirmé sa volonté de ne plus travailler avec Robert Closset ni avec Thierry Bodlet, colistier d'Axel Tixhon.

Deux visions politiques différentes

Autour de la table, on trouve clairement deux visions politiques différentes qui poursuivent cependant un même objectif : le développement économique et social de Dinant.

Pour Richard Fournaux, il faut investir dans le tourisme, seul secteur encore économiquement fort dans la cité mosane. Si ce secteur se porte bien, il permettra aux Dinantais de mieux vivre.

Dinant est une ville qui a été industrielle mais aujourd'hui qu'est-ce qui lui reste comme économie qui peut lui permettre de rebondir ? Moi, je pense que c'est surtout le tourisme. Mais naturellement, quand tu investis dans le tourisme, tu ne peux pas faire toutes les routes que tu veux ou toutes les maisons de villages que tu veux. Il y a là un choix politique qui doit être fait.

Pour Axel Tixhon, la logique est inversée. Il faut d'abord investir dans le quotidien des habitants.

C'est vrai que le Collège actuel cherche à améliorer d'abord et avant tout le quotidien des Dinantais, cela en veillant à bien accueillir les visiteurs mais ce n'est pas contradictoire parce que si les Dinantais se sentent bien chez eux, les touristes se sentiront bien aussi.

La discussion se poursuit et les deux hommes forts de Dinant pourraient presque tomber d'accord sur la nécessité de concilier les deux points de vue. Axel Tixhon résume :

L'idéal, ce serait une complémentarité mais ça nécessiterait des arbitrages et peut-être qu'au final ce serait une paralysie. C'est difficile de dire quand deux discours différents peuvent se mélanger et amener de la plus-value ou au contraire, se paralyser les uns les autres.

2024?

Est-ce qu'Axel Tixhon et Richard Fournaux pensent à l'échéance de 2024 en se rasant le matin? Le bourgmestre actuel botte rapidement en touche. Très occupé à gérer la ville et à finir sa première année de mandat, il affirme que 2024 ne détermine pas son action.

De son côté, Richard Fournaux finit par un aveu, ce retrait forcé lui est finalement bénéfique mais sera-t-il sur une liste en 2024? La question reste posée.

Je ne sais pas si je vais oser le dire parce que peut-être que les Dinantais vont mal le prendre mais ce changement dans ma vie me permet de prendre un peu de recul, de découvrir une autre façon de travailler. Ça peut faire du bien et ça peut m'apporter beaucoup de choses pour de nouveaux défis en 2024 par exemple. C'est un peu comme si j'étais retourné à une forme d'école démocratique pour être mieux en forme encore en 2024, pour que faire on verra bien. Ce seront les Dinantais qui devront choisir et puis il faudra voir comment les choses vont évoluer.

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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