Après l'énorme succès du "Bleu du Caftan", Maryam Touzani revient avec un autre grand portrait de femme. Cette fois, c'est Carmen Maura qui illumine "Calle Málaga". Une comédie jubilatoire. A Gedinne le 26 mars
La sélection de la semaine et les avis d'Anne-Sophie Vandevoorde du Ciné Gedinne :
- “Calle Málaga” de Maryam Touzani, avec Carmen Maura, Marta Etura : en sortie nationale et VOST au Ciné Gedinne le jeudi 26 mars à 20h15
Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l'appartement dans lequel elle a toujours vécu.
Déterminée à rester dans cette ville qui l'a vue grandir, elle met tout en œuvre pour garder sa maison et récupérer les objets d'une vie. Contre toute attente, elle redécouvre en chemin l'amour et le désir.
Carmen Maura est une des actrices fétiches de Pedro Almodovar. Elle trouve ici un très grand rôle de femme concrète, imprévisible, joyeuse et drôle. C'est du plaisir tout le long du film de voir une femme qui décide de mener sa vie comme elle l'entend jusqu'au bout.
C'est une comédie chaleureuse sur la mémoire, les racines, la dignité due aux aînés et sur la possibilité de trouver "un nouveau printemps à l'hiver de sa vie".
- "Project Hail Mary" de Phil Lord et Christophe Miller, avec Ryan Gosling : en sortie nationale au Ciné Gedinne le samedi 21 mars à 20h15 et le mercredi 25 mars à 17h10
Ryland Grace, professeur de sciences, se réveille seul à bord d'un vaisseau spatial, à des années-lumière de la Terre, sans aucun souvenir de son identité ni des raisons de sa présence à bord.
Peu à peu, sa mémoire lui revient, et il comprend l'enjeu de sa mission : résoudre l'énigme de la mystérieuse substance qui cause l'extinction du Soleil. Pour tenter de sauver l'humanité, il va devoir faire appel à ses connaissances scientifiques et à des idées peu conventionnelles.
Ryan Gosling incarne un héros drôle, imparfait et attachant, qui rend captivants même les aspects un peu scientifiques de ce thriller environnemental avec des touches d'humour.
Le cœur émotionnel du film : la rencontre avec un extraterrestre nommé "Rocky" et la naissance d'une amitié intergalactique malgré les difficultés de communication.
C'est un film de science-fiction mais surtout un divertissement intelligent, techniquement maîtrisé et chaleureux, qui apporte une note lumineuse dans le cinéma actuel.
- "Victor comme tout le monde" de Pascal Bonitzer, avec Fabrice Luchini : au Ciné Gedinne le dimanche 22 mars à 18h10
Habité par Victor Hugo, le comédien Robert Zucchini traîne une douce mélancolie lorsqu'il n'est pas sur scène. Chaque soir, il remplit les salles en transmettant son amour des mots.
Jusqu'au jour où réapparaît sa fille, qu'il n'a pas vue grandir… Et si aimer, pour une fois, valait mieux qu'admirer ?
Le personnage de Robert Zucchini est Fabrice Luchini, double de lui-même, à la fois complètement lui et pas du tout. Dans le film, il joue une pièce de théâtre sur Victor Hugo. Tout comme Luchini dans la vraie vie...
C'est donc un film sur la puissance de l'écriture, sur le lien intense entre le théâtre et le cinéma. Sur ceux qui ont fait le choix de prendre la lumière. En suscitant l'admiration des autres. Parfois, au détriment de leur famille...
C'est à la base un film écrit par Sophie Fillières, décédée. Son compagnon, Pascal Bonitzer, a pris la suite du projet.
- "The secret agent", de Kleber Mendonça Filho, avec Wagner Moura, Gabriel Leone : au Centre Culturel de Dinant le vendredi 20 mars à 20h
Brésil, 1977. Marcelo, un homme d'une quarantaine d'années fuyant un passé trouble, arrive dans la ville de Recife où le carnaval bat son plein. Il vient retrouver son jeune fils et espère y construire une nouvelle vie.
C'est sans compter sur les menaces de mort qui rôdent et planent au-dessus de sa tête…
Ce thriller politique brillant nous plonge dans l'emprise sourde de la dictature brésilienne dans les années 70. C'est une ode à la vie et à la résistance.
Le film est construit comme un puzzle narratif ingénieux assemblé au fur et à mesure. Ce n'est pas pour rien qu'il a obtenu le Prix de la Mise en scène 2025 au Festival de Cannes. Où Wagner Moura a également été couronné Meilleur Acteur.