Tourisme
Le Domaine de Chevetogne deviendra-t-il un musée "vert" unique en Wallonie?
publié le:31/03/2021 12:20:00 - mis à jour: 19/04/2021 16:29:30
L'avenir de Chevetogne sera discuté ce vendredi en commission. Le directeur du Domaine provincial viendra présenter son « Musée Vert », un projet sur 100 ans de mise en réserve intégrale d'une majorité du parc.
Le projet est ambitieux. Il a pour vocation, à l'avenir, de transformer le Domaine provincial de Chevetogne en sanctuaire de biodiversité, une forêt en libre évolution où l'homme n'a qu'un seul rôle: observer la nature. Un expert en la matière s'est longuement penché sur l'idée. Marc Dufrêne fait même partie des têtes pensantes du projet. Il est professeur en biologie à l'Université de Gembloux Agro-Bio Tech.
Ici, on est dans une zone très peu fréquentée du domaine. En général, les gens se concentrent sur les plaines de jeux et les différents centres d'attractivité. On a donc ici 400 hectares de nature déjà pratiquement sauvage où la trace de l'homme est relativement faible, mis à part quelques chemins et quelques coupes. L'ambition du projet est donc de mettre ce patrimoine naturel en valeur pour que tout le monde puisse en profiter, de manière discrète et douce.
Les trois quarts du domaine provincial passerait ainsi en réserve intégrale. Plus aucun arbre ne serait coupé pour son exploitation, ce qui permettrait à la forêt de vivre sa propre vie, sans intervention humaine. D'où l'appellation de "Musée vert" .
La plupart du temps, quand on coupe des arbres, on le fait à l'âge de l'adolescence. Ils ont 200 ans alors qu'ils pourraient vivre 600, 800 ou 1000. Une fois qu'ils passent cet âge d'exploitabilité, on peut multiplier par 2 ou 3 son intérêt pour la biodiversité: les espèces qui vont coloniser les branches, les feuilles, les trous,...
Cet expert en biodiversité s'intéresse à l'impact de la nature sur l'espèce humaine. Il est convaincu de l'attrait du projet sur le plan purement touristique.
Les touristes et les opérateurs touristiques demandent plus de nature et notamment plus de sites protégés. Ils demandent qu'on développe les réseaux de réserve naturelle. Actuellement, 1% du territoire wallon est protégé.
Pour mener à bien un tel projet, on ne compte pas en mois mais en plusieurs dizaines d'années, voire en siècle. Si la mise en réserve intégrale des forêts du domaine ne devrait pas demander de gros investissements, la Province ne pourrait plus bénéficier des revenus annuels de la vente de bois qui oscille entre 80.000 et 100.000 euros.