Action a réclamé les têtes d'Anne Pirson Demarche, présidente, de Joseph Jouant, vice-président, et de Pierre Tasiaux, directeur: "Mettez fin à leur guerre incessante et donnez à manger à l'Afsca".
Les enjeux sont montés d'un cran lundi soir au conseil communal de Ciney suite aux interpellations d'Ecolo et d'Action sur le dossier du marché couvert.
>> Rappel: le marché couvert a trois mois pour se mettre en règle et éviter une fermeture
Ecolo a tout d'abord demandé la transparence sur ce dossier et sur les 10 PV d'infraction dressés par l'Afsca depuis 2013.
Suite à cette première intervention, le bourgmestre Frédéric Deville a d'abord pris la parole pour expliquer les mesures prises par le Collège:
Le 22 novembre j'ai reçu un coup de fil alarmant du directeur de l'Afsca m'informant des risques de fermeture. Selon l'Afsca, l'équipe actuelle n'est plus en mesure de respecter les règles. Trois jours plus tard le Collège envoyait une mise en demeure au directeur l'enjoignant à tout faire pour se mettre en règle.
L'échevin Gaëtan Gérard, dont le travail a été salué par tous dans ce dossier, a pris le relais en demandant de la sérénité et surtout pas de récupération politique. Il a ensuite dressé le bilan sur l'ensemble des 29 points litigieux, et expliqué pour chacun quelle procédure était mise en palce avec l'assistance d'un consultant extérieur.
Un point est revenu souvent: l'encodage des camions et la traçabilité en général des véhicules à l'intérieur du marché. Les erreurs d'encodage des plaques minéralogiques sont fréquentes; on envisage l'achat de caméras capables de scanner les plaques, un système onéreux.
Autre point litigieux: le débarquement de tous les animaux des camions, qui est une obligation non respectée et qui fera l'objet d'une attention particulière pour la vérification d'absence de maladies des animaux et pour le bien-être animal.
François Bouchat, pour Ecolo, a demandé de "renouer le dialogue avec l'Afsca", tout en soulignant qu'atteindre les 100% de résultats positifs était impossible.
Quand le groupe Action a pris la parole, il est devenu vite clair que les enjeux allaient grimper. Frederick Botin a immédiatement mis l'accent sur la rupture de confiance entre l'Afsca et le management actuel:
Entre 2013 et 2018, il y a eu 7 PV d'infractions mais jamais la procédure P15 de fermeture n'a été entamée. Pourquoi? Parce qu'il y avait un dialogue et une confiance entre l'Afsca et le marché couvert. Un inspecteur vétérinaire s'est fait durement apostropher par le vice-président du marché couvert, vous croyez que cela facilite le dialogue? J'en ai marre de la mésentente entre la présidente, le vice-président et le directeur. Réglez ça. Et maintenant le marché couvert a signé le protocole sur les 29 points, mais qui a signé ça exactement? On s'est enfermé dans un protocole impossible à tenir. Il est impossible de respecter tous ces points à 100%.
Jean-Marie Cheffert a été "plus cash" selon ses propres paroles:
Faites le ménage dans le management. Donnez à manger à l'Afsca, vous aurez alors une chance de renégocier le protocole avec l'Afsca et d'assouplir la position. Parce que si ce protocole n'est pas respecté, quel ministre oserait accorder des dérogations au marché couvert en allant contre son administration? Qui oserait prendre le risque d'une responsabilité politique en cas de crise alimentaire?
Précision importante: la présidente du marché couvert Anne Pirson-Demarche et le vice-président Joseph Jouant sont tous deux conseillers communaux de la majorité ICI. On n'a pas beaucoup entendu le Collège prendre leur défense face à cette déferlante de critiques. Tout au plus Frédéric Deville a-t-il soufflé qu'il "en voulait surtout au directeur", le vétérinaire Pierre Tasiaux. Crise politique en vue?