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Ciney : émoi autour de la démolition de la ferme de l'EPASC

publié le:04/10/2024 17:29:00 - mis à jour: 06/10/2024 18:19:46

Le plus ancien bâtiment de l’Ecole Provinciale d’Agronomie et des Sciences va être démoli pour faire place à de nouveaux locaux. Un projet de 3,5 millions € qui suscite de l'émotion.

Les travaux ont commencé début de semaine. Le nouveau bâtiment de l'EPASC accueillera des bureaux, deux salles de classe, des salles de professeurs mais aussi du logement pour des stagiaires et des locaux divers. Un projet présenté sous forme de démolition de trois ailes de la ferme actuelle - puis de reconstruction - par le pouvoir organisateur, la Province de Namur. La députée provinciale Marie-Frédérique Charles Antoine a hérité de ce dossier avec son portefeuille de l'Enseignement:

On ne démolit pas du tout l'âme de Saint-Quentin, on garde le château. En fait, ce que l'on détruit, ce sont les anciens bâtiments des étables et des bâtiments qui n'étaient plus du tout fonctionnels pour les gens qui y travaillent.

Le choix d'une démolition plutôt qu'une rénovation du bâti a suscité l'émoi dans la communauté. Lucie Doyen, professeure d'Histoire évoque le sujet :

Les professeurs encore en activité, ceux retraités, ou même certains élèves, ont été étonnés de voir que ça prenait ce chemin-là. Moi, d'emblée, c'est vrai que ça me fend toujours un peu le coeur quand on démolit des bâtiments, quand on préfère le neuf à l'ancien. Maintenant, c'est vrai que la nuance veut que, en tant qu'historienne et d'un point de vue plus objectif, l'histoire est faite de cycles de constructions et de destructions.

Ce bâtiment, le plus ancien de l'école, revêtait des aspects esthétiques et mémoriels, constate le directeur Etienne Baijot :

Il y a un volet sentimental, et on peut comprendre que dans la communauté, certaines personnes, au fil de leur carrière ou au gré du passage ici en tant qu'élèves, se soient attachés à ce bâtiment. Il y a également un volet patrimonial puisqu'il s'agit d'une vieille ferme en carré, qui est quelque part un symbole pour le monde agricole.

La bonne gestion des deniers publics est également compréhensible. On peut tout à fait comprendre les deux points de vue.

Pourquoi la démolition ?

Quel est l'argument de la Province dans le choix de l'option démolition ? Il est effectivement budgétaire. C'est l'opportunité de recevoir des subsides européens dans le cadre d'une norme énergétique, rappelle la députée provinciale Marie-Frédérique Charles Antoine:

Au niveau énergie, c'était un gouffre. Pour arriver à l'objectif et obtenir ces fonds, c'était impossible de garder les bâtiments tels qu'ils sont là maintenant. Il faut aussi savoir, et c'était un souhait de la Province, qu'on a demandé à l'architecte de garder le plus possible de matériaux nobles, les pierres etc. Et tout cela, ça va être fait.

Pour rappel, le château est, lui, conservé et devrait être rénové. En attendant, l'école s'organise sur le site pendant les travaux, notamment via des containers.

De son côté, l'association Communauté Historia a réagi sur ce dossier et demande à la Région et à la Province de faire annuler le permis en extrême urgence. Elle dénonce entre autres « une cupidité politique au regard des subsides européens ». Elle estime par ailleurs que le taux de réemploi de pierres ne dépasserait pas les 1 %.

Nicolas Lembrée, Journaliste
nicolas.lembree@matele.be

 

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