Le gouvernement fédéral a annoncé des mesures temporaires pour aider les travailleurs face à la hausse des coûts de l’énergie. Mais certains indépendants, comme les infirmiers à domicile, se sentent oubliés.
Audrey Dasnois est infirmière indépendante dans la région d'Yvoir et de Dinant. Pour se rendre chaque jour chez sa quinzaine de patients, elle n'a pas vraiment d'autre choix que d'utiliser sa voiture :
La voiture est indispensable. Derrière chaque patient, il y a des kilomètres. J'ai la chance d'avoir une petite tournée, donc je réfléchis à utiliser le vélo pour certains patients. Mais tout le monde n'a pas ce luxe d'avoir une tournée aussi courte en kilomètres.
Gare aux détours
Même si Audrey pourrait effectuer une partie de sa tournée à vélo, elle ne peut pas se passer totalement de son véhicule. Sa tournée quotidienne représente en moyenne une cinquantaine de kilomètres. Et au volant de son véhicule hybride, elle consomme relativement peu d'essence. Ce qui n'est pas le cas de tous dans le secteur, où les kilomètres sont désormais comptés. Audrey poursuit :
Certaines infirmières doivent se réorganiser en limitant leurs déplacements, voire en refusant certains soins. Par exemple, un patient a dû appeler trois infirmières avant d'en trouver une qui accepte de se déplacer jusque chez lui, car il habite loin et la prestation est moins rémunératrice. Cela devient une vraie problématique.
Aides temporaires du gouvernement
Pour faire face à la hausse des coûts de l'énergie, notamment des carburants, le gouvernement a activé plusieurs aides temporaires. Parmi elles, une enveloppe de 60 millions d'euros vise à augmenter le remboursement des frais kilométriques des employés. Aurélie Marichal, directrice de l'UCM Namur, détaille :
Le gouvernement permet aux employeurs d'accorder une indemnité kilométrique plus élevée à leurs travailleurs, pour les trajets domicile-travail ou professionnels. L'employeur avance les fonds et récupère ensuite une partie via un crédit d'impôt.
Accélérer la transition énergétique
Cette aide ne concerne pas Audrey, comme d'autres indépendants qui doivent absorber la hausse des prix du carburant et du gaz.
Pour l'UCM, cette crise énergétique doit accélérer la transition :
Pour inciter à investir dans l'électrique, il faudrait notamment réduire les accises sur l'électricité, afin de rentabiliser plus rapidement l'achat d'un véhicule électrique. Il faut aussi garantir l'approvisionnement en électricité. Aujourd'hui, certaines entreprises doivent encore recourir à des groupes électrogènes faute de puissance suffisante sur le réseau.
Parmi les autres mesures, le gouvernement autorise le report du paiement des cotisations sociales, sans majoration ni impact sur la pension. Cette disposition concerne le trimestre en cours ainsi que le suivant, durant l'été.
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