Finances

Crise du Covid sur le marché couvert: un impact de 220.000€ sur le budget de Ciney

publié le:09/12/2020 09:48:00 - mis à jour: 10/12/2020 11:05:52

Le marché couvert de Ciney a enregistré une baisse des ventes d'animaux de 18% cette année. Le déficit du marché couvert est récurrent et la Ville va diminuer ses taxes et redevances de 220.000€.

Gaëtan Gérard, vous êtes échevin de la Ville de Ciney en charge du marché couvert: en 2020, vous avez observé une nette diminution des ventes d'animaux...

On a eu la chance par rapport à d'autres activités économiques de pouvoir continuer à travailler, il n'y a pas eu un seul marché annulé. Mais le Covid a fait peur à de nombreux opérateurs, c'est humain. L'an dernier, on tournait à un peu plus de 2.000 bêtes par semaine, et on a vu des marchés entre 700 et 800 animaux en mars et avril. Des propriétaires se sont aussi organisés différemment et pendant un certain temps ils ne sont plus passés par le marché; c'est déplorable pour nous. On essaie de revenir à la normale mais la deuxième vague est à nouveau préjudiciable. Le marché couvert est naturellement fortement aéré et on a pris des mesures drastiques pour éviter les rassemblements à l'intérieur du marché couvert mais certains ont néanmoins peur de se rassembler.

Très concrètement, vous vous attendez à une baisse de quel ordre cette année?

Je vous le dis en toute transparence: entre 2019 et 2020, on constate une chute de 18,5%. C'est très important.

Cela aura-t-il un impact sur les finances communales?

Bien sûr qu'il y a un impact financier sur le marché couvert et comme vous le dites, il y a des liens très très étroits entre le marché couvert et la Ville de Ciney. Au niveau de la Ville, le prochain budget qui sera présenté au conseil sera impacté. On ne peut pas continuer à demander au marché de payer car il y a un déficit récurrent du marché couvert. On ne peut pas continuer à demander la même chose au niveau des taxes et droits de concession au marché couvert. J'avais fait l'image de la vache à lait en évoquant le marché couvert mais elle se réduit, cette somme. Et donc par rapport aux projections budgétaires, on les a diminuées.

De combien exactement?

D'un ordre de 220.000€. C'est quand même appréciable.

C'est même important vu l'impact des efforts "anti-Covid" consentis cette année par la Ville...

Tout à fait. Je réserve certaines annonces au conseil du 21 décembre, mais comme dans toutes les communes wallonnes ou belges, les effets pernicieux du Covid se font ressentir au niveau du budget cette année-ci. 

Vous êtes aussi échevin des Finances, quels sont vos pronostics pour les prochaines années?

Je suis très très prudent. C'était une année difficile, on a aidé les commerçants avec grand plaisir mais cela se ressent au niveau des finances....

Concrètement, une commune comme Ciney peut tenir combien d'années encore à ce rythme sans devoir faire des choix très douloureux?

On n'a pas encore l'ensemble des données. Il y a deux chiffres importants. Le volume de l'impôt sur les personnes physiques va être déterminant et dépendra du nombre de personnes qui perdent leur emploi. Et au niveau des dépenses, le nombre de personnes qui émargeront au CPAS risque d'augmenter, on l'a observé pendant la première vague. Quelles solutions? Diminuer certains services à la population, ou diminuer les investissements, ce qui aura un impact sur la qualité des infrastructures genre voiries communales et indirectement sur les emplois générés dans le privé. Je demande à tout le monde d'être solidaire. On reçoit pas mal d'aides mais il faudra les financer, ces aides...

Les pouvoirs publics n'auront pas d'autres choix que d'augmenter les impôts in fine?

Ce sera une réflexion à avoir. On avait un leitmotiv dans notre campagne, et nous essaierons de le respecter, c'était de ne pas toucher aux grands impôts que sont l'impôt sur les personnes physiques et le foncier. Il faudra voir dans les prochaines années la pression qu'on va subir et l'aide que la Wallonie pourra continuer à fournir. On est à plusieurs inconnues. Dans un premier temps, nous allons devoir limiter les dépenses, revoir certains projets éventuellement selon le critère des subsides. Je ne suis pas vraiment optimiste pour les 3 ou 4 prochaines années, cela ne va pas se résoudre en un an ou deux. Si l'on remonte de plusieurs niveaux, il y a un plan européen de relance, il faudra du temps avoir d'en mesurer l'effet sur l'Etat belge et, plus bas, sur les communes. Je vous précise bien qu'on ne discute absolument pas de hausse des impôts au Collège, ma réflexion porte au niveau de la Wallonie et de la Belgique.

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