A Dinant, deux sans-abris campent depuis mercredi dernier sur le parking devant l'Hôtel de ville. Leur objectif : interpeller les autorités communales afin qu'elles leur trouvent un logement à louer.
Depuis une semaine, Hans et Raoul, sans domicile fixe, campent devant l'Hôtel de ville dinantais. Leur emplacement de fortune est symbolique et bien visible dans le centre. Une manière pour eux d'interpeller les responsables politiques dinantais sur leur situation. A la rue, ils sont à la recherche désespérément d'un logement depuis un an pour Raoul, et depuis désormais deux ans pour Hans. Dehors, à la pluie, Raoul Gehot nous explique :
C'est compliqué de trouver un logement en dépendant du CPAS. Si je pose une candidature, on ne la retient pas. Dans Dinant, je constate qu'il y a de nombreux logements vides. Pourtant, nous ne parvenons pas à nous loger.
Hans Lecron poursuit :
Pour ma part, je ne parviens pas à trouver un propriétaire qui accepte mon chien. Puis, les cautions avancées par le CPAS sont bannies pour le moment. Dans mon cas, je n'ai pas les moyens de pouvoir avancer cette caution. J'essaye de chercher quelque chose de durable, en vain. Je suis allé voir un logement, mais la location s'élevait à 780 euros par mois, sans les charges. Ce n'est pas accessible pour moi.
La ville de Dinant à la recherche d'une solution
Hans a transité par plusieurs villes du pays avant de débarquer dernièrement à Dinant.
Raoul est dans la ville mosane depuis l'hiver dernier. Il a d'abord été hébergé dans un centre d'accueil durant plusieurs mois avant de vivre en tente dans un camping. Le CPAS dinantais, au courant de leur situation, n'est pas en mesure pour le moment de leur trouver un logement. Frédéric Rouard est président du CPAS à Dinant :
Je suis venu trouver Hans et Raoul fin de semaine passée. Ce lundi matin, j'avais une réunion pour analyser un peu si on pouvait leur mettre à disposition un logement d'urgence. Malheureusement, nos deux logements sont occupés. Ils sont demandés d'ailleurs en permanence. Des personnes dans leur situation, on en a énormément. Je vais donc essayer de passer par l'un ou l'autre contact aujourd'hui, pour voir si éventuellement, ils auraient une solution temporaire.
"Dans la rue, notre santé se dégrade"
La situation vécue par Raoul et Hans et n'est pas une situation isolée. Même si les deux hommes perçoivent des revenus, 1280 euros pour l'un, 1.400 pour l'autre, ils ne parviennent pas à avoir accès à un logement et sont donc sans-abris malgré leurs démarches. Raoul raconte :
Dans cette situation précaire, la santé se dégrade. A la rue, on ne sait pas se soigner, on dort dans l'humidité, nos affaires sont trempées, on n'a rien à manger, on n'a pas d'accès aux toilettes, on n'a pas d'accès à des douches. Je ne demande pas la charité. Je demande à pouvoir payer moi-même mon loyer. Avoir un toit sur la tête, c'est tout ce que je demande. J'ai les revenus du CPAS, je peux donc payer un loyer.
Frédéric Rouard, le président du CPAS, poursuit :
Cela fait seize ans que je suis conseillé de l'action sociale. Ce phénomène de sans-abrisme s'est accentué. Beaucoup de personnes ne veulent pas mettre leur logement en location à des personnes dans une situation de sans-abrisme. Donc, ces personnes, à force de demander de tous côtés, se désespèrent et vivent dans la rue.
Les autorités communales n'ont pas encore donné l'ordre à Hans et Raoul de quitter le site qu'ils occupent dans le centre. Dans leur galère, les deux hommes tiennent à saluer la générosité et la bienveillance des quelque Dinantais qui leur ont apporté un peu d'aide et de soutient depuis qu'ils campent devant l'hôtel de ville.