Horeca

Dinant : les ex-travailleurs du Queen's manifestent, un mois après l'ouverture du restaurant

publié le:16/07/2025 14:42:00 - mis à jour: 17/07/2025 15:22:31

Une trentaine de personnes, syndicats et ex-employés, se sont rassemblées devant le nouveau restaurant Place Reine Astrid à Dinant pour protester contre les conditions de travail de l'établissement.

A peine installé, le Queen's se fait déjà remarquer. Ouvert depuis le 21 juin au pied de la Collégiale à Dinant, le restaurant aurait recruté une vingtaine de personnes, quasi toutes licenciées trois jours plus tard sans salaire, ni indemnités.

Les travailleurs et travailleuses concernés ont manifesté leur mécontentement ce mercredi midi devant l'établissement. Ils dénoncent des conditions de travail pas exemplaires. Anne Longueville, ex-comédienne et serveuse au Queen's, témoigne : 

Les toilettes n'étaient pas les plus propres. Le jour de l'ouverture, certains d'entre nous ont commencé à travailler à 9 heures du matin pour la mise en place, la préparation. Ils n'ont pas eu le temps de rentrer chez eux se laver, ils ont pris une douche sur place et ont enchaîné jusqu'à 2 heures du matin. Ils ont donc presté 17 heures d'affilée. Le tout dans un costume étouffant, en pleine canicule.

 

"Travailler sans être payé, on veut nos indemnités!"

Soutenus par les syndicats, les ex-employés du Queen's réclament le paiement immédiat de leurs salaires et indemnités, explique Laetitia Damanet, permanente interprofessionnelle à la CSC Namur-Dinant.

La grande majorité des travailleurs et travailleuses concernés sont dans une situation de précarité, voire de grande précarité. Ils ont dû faire appel à des dispositifs comme le CPAS pour demander des aides d'urgence, qui ne seront peut-être pas accordées.

Les représentants syndicaux demandent aussi l'arrêt total des tentatives d'intimidations par l'employeur.

Nous avons des preuves que certains travailleurs ont reçu des menaces de la part de l'employeur, qui leur a fait signer une clause de confidentialité, estimée abusive par nos juristes. Cette clause stipule que, pendant dix ans, ils ne peuvent pas parler de ce qu'il s'est passé au restaurant, sous peine d'une amende pouvant aller jusque 100.000 euros.

La caricature d'un secteur en difficulté

Avec cette action, les manifestants veulent alerter sur ce genre de dérive dans le monde du travail, et plus spécifiquement dans le secteur de l'horeca. Didier Pironet, secrétaire permanent pour la FGTB Horval Namur-Luxembourg, constate régulièrement des problèmes dans ce secteur.

Ici, la situation est un peu caricaturale car elle cumule tout un tas d'abus. Mais malheureusement, dans l'horeca, nous sommes souvent face à de petits établissements avec des travailleurs qui se retrouvent parfois seuls face à leur employeur. Ils n'osent pas dire non et acceptent tout ce qu'on leur demande.

Laetitia Damanet craint que la situation n'empire.

Avec les projets de loi du nouveau gouvernement Arizona, notamment par rapport au chômage, on craint que les travailleurs soient de plus en plus considérés comme des objets jetables. On les prend pour faire une tâche, puis on les jette sans les payer et sans respecter leurs droits.

Contactée par nos soins, la responsable des ressources humaines de l'établissement n'a pas répondu à nos sollicitations. Si la situation reste bloquée, le dossier devra se régler au tribunal du travail. 


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Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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