Le budget du CPAS de Dinant a été rejeté par quasi l’ensemble du conseil communal. Pas de polémique politique derrière ce choix mais plutôt le signe des difficultés financières de la commune.
« Ceci vous étonnera sans doute mais je me dois de vous proposer de ne pas approuver le budget présenté. » Lionel Naomé a prêté serment comme président du CPAS de Dinant depuis moins d'une heure quand il prononce cette phrase inattendue.
Le budget du CPAS avait été préparé par l'ancienne majorité dinantaise, la nouvelle propose de ne pas le voter. Aussi étonnant que cela puisse paraître en bord de Meuse, il n'y a aucune polémique politicienne derrière ce choix. Il faut plutôt y voir le signe des difficultés financières que traverse Dinant.
Pour rappel, depuis un an, la Ville a recours au Plan Oxygène de la Région wallonne. Ce plan d'aide consiste à autoriser les communes à emprunter de l'argent pour payer des frais structurels, comme les cotisations de responsabilisation (en clair, une partie de la pension du personnel statutaire). Avoir recours à ce plan implique pour la commune, la mise en place d'un plan de gestion contrôlé par le CRAC, le Centre Régional d'Aide aux Communes.
Or, ce CRAC a rendu un avis défavorable sur le budget du CPAS. Dans ces conditions, la nouvelle majorité n'a pas souhaité s'engager plus avant, explique Lionel Naomé :
Parallèlement à cette aide (du Plan Oxygène, ndlr.), doivent figurer des mesures visant un retour à l'équilibre des finances publiques. C'est pourquoi nous vous proposons de revoir la copie. Nous voulons prendre toutes les mesures nécessaires, non pas dans l'urgence, mais de manière phasée, à travers un plan quinquennal.
« Il va falloir faire des efforts »
Julien Floymont, le nouvel échevin des Finances, enfonce le clou et annonce que le CPAS comme la Ville devront faire des efforts :
L'objectif, ce n'est pas de faire un show et de dire qu'on n'est pas d'accord avec le CPAS. En approuvant le budget du CPAS aujourd'hui, cela voudrait dire que dès 2026, on peut s'attendre à une augmentation de la dotation communale de plus ou moins 8%, ce qui représenterait 260.000€. Au niveau du budget de l'administration communale, on aurait de très grosses difficultés pour présenter un budget à l'équilibre. Clairement, le CPAS va devoir faire un effort. On va essayer de travailler un maximum main dans la main, CPAS – Commune pour représenter un nouveau budget. Il va de soi qu'on devra également faire des efforts au niveau de la commune.
Toutefois, Richard Fournaux le promet, ces efforts ne se feront pas au détriment de l'aide sociale :
Il faudra faire des synergies entre le CPAS et la ville. Je peux certifier sur l'honneur qu'il n'est pas question de toucher à l'aide sociale.
Outre les synergies entre les deux structures communales, la nouvelle majorité dinantaise va également réfléchir à mieux rentabiliser le patrimoine immobilier du centre de l'action sociale. Le CPAS de Dinant est, par exemple, propriétaire de l'ancienne école Saint-Perpète dans le centre-ville. La question de la pertinence de rester en possession d'un tel bâtiment va se poser.
Finalement, le budget est refusé par l'ensemble du conseil communal, à l'exception d'Estelle Leroy (Ambition) et d'Omer Laloux (Dinamic) qui se sont abstenus pour rester cohérents avec leur vote au conseil de l'action sociale.