Lucille Savart de la Bibliothèque de Bièvre présente "Nuit de chance" de l'illustratrice et autrice Sarah Cheveau et "Des équations personnelles" de la mathématicienne Sylvia Serfaty.
- "Nuit de chance" de Sarah Cheveau, éditions La Partie, 2023
Une promenade en forêt envoûtante pour éprouver la vie palpitante de la nuit. Une enfant courageuse pénètre un soir dans la forêt et raconte ce qu'elle a vu.
Dans sa promenade nocturne, elle traverse des fourrés, frôle de grands arbres, croise le chemin d'un écureuil, d'un lièvre, d'un blaireau, d'un renard et d'une famille de cerfs… Soudain surgit la silhouette massive d'un sanglier. Une rencontre dont l'issue surprenante provoque rire et soulagement!
Sarah Cheveau, une autrice et illustratrice française, membre du collectif d'artistes bruxellois Cuistax. Elle est connue pour son approche très physique et sensorielle de l'illustration.
Ce livre est dans la sélection Prix Bernard Versele 2026 (seul prix littéraire dont le jury est exclusivement composé d'enfants de 3 à 12 ans issus de la Fédération Wallonie/Bruxelles).
Selon elle, le livre est né d'une idée : ramasser du bois mort en forêt, fabriquer son propre charbon à dessin (le fusain), puis "retourner en forêt par le dessin".
Ce qui donne un rendu du noir est d'une profondeur texturée incroyable. Avec un contre-pied : le livre dédramatise la peur du noir. La nuit devient un terrain de jeu, une "chance" et non une menace.
En bonus dans les dernières pages : elle présente le matériel utilisé pour réaliser l'album. C'est un livre prêt à l'usage qui invite l'enfant à créer à son tour.
- "Des équations personnelles" de Sylvia Serfaty, Flammarion, 2026
Sylvia Serfaty, l'une des plus grandes mathématiciennes contemporaines françaises, lauréate en 2012 du prestigieux Prix Henri-Poincaré. Le prix récompense des contributions exceptionnelles en physique mathématiques. Elle a travaillé entre autres sur un aspect mathématique lié à la supraconductivité.
Ce livre est un récit intime et accessible sur les coulisses de la recherche en haute voltige. Elle y raconte son parcours de femme dans un milieu très masculin, ses doutes, ses fulgurances, et nous explique comment les mathématiques permettent de modéliser le monde.
Au lycée, Sylvia Serfaty préférait... le français et la philosophie! Elle aimait disséquer les textes.
J'ai aimé ce livre car Sylvia Serfaty brise le cliché des maths comme étant une discipline froide : elle parle d'intuition d'esthétique, de la beauté d'une équation. Et il n'y a aucunement besoin d'être un boss des maths pour pouvoir le lire...
C'est un livre qui montre que la recherche avance en se trompant et en se corrigeant, rendant cette science profondément humaine et accessible.
Les animations de l'été à la Bibliothèque de Bièvre :
