Hospitalisation

Empêchée d'aller voir son frère hospitalisé : "Je trouve ça inhumain"

publié le:09/12/2021 15:28:00 - mis à jour: 10/12/2021 12:12:23

Fabienne Jacobs a un frère gravement malade hospitalisé au CHU UCL de Dinant. Dernièrement, lorsqu'elle a voulu lui rendre visite, elle s'est vu refuser l'accès à sa chambre.

Fabienne Jacobs a un frère gravement malade hospitalisé au CHU UCL de Dinant. Mais dernièrement, lorsqu'elle a voulu lui rendre visite, elle s'est vu refuser l'accès à sa chambre. En cause, une nouvelle mesure de sécurité prise à l'hôpital. Une situation incompréhensible pour Fabienne, alors qu'elle était en ordre de CST :

 

Je ne vois pas pourquoi je n'ai pas le droit de venir, quand d'autres personnes viennent voir mon frère. Pour le moment on ne peut venir qu'à une personne par semaine. Je trouve ça scandaleux. Je trouve ça inhumain. Je trouve que c'est un manque de dignité humaine. 

Depuis le 26 novembre, les mesures autour des visites ont en effet été modifiées et renforcées comme l'explique Karl Demil, chef de l'administration des patients sur le site de Dinant du CHU UCL Namur :

 

Le CST est imposé par le gouvernement, qui dans un même temps nous demande de protéger notre patientèle qui est, par défaut, beaucoup plus vulnérable d'un point de vue de la santé. Dès lors l'hôpital a mis en place des règles par rapport aux visites des patients hospitalisés. Chaque patient hospitalisé a droit à une visite par jour, la même personne pour une semaine et ce dès le premier jour de son hospitalisation.

Cette situation crée de la souffrance chez les proches de patient ne pouvant les visiter, mais également chez les patients, comme a pu la constater Fabienne Jacobs avec son frère :

 

Il vit très mal cette situation. Il rentre dans un état dépressif. Il sombre, il ne veut plus s'alimenter parce qu'il perd espoir. Il ne peut pas voir ses enfants. Il ne peut pas voir sa famille. Il est là au bout du rouleau. Ce n'est pas normal ! Dans quel monde vivons-nous?

L'hôpital de son côté est bien conscient de la complexité de la situation et de la souffrance qu'elle peut engendrer au niveau humain. Des exceptions sont d'ailleurs prévues par le règlement explique Karl Demil:

 

Les exceptions concernent la maternité, la pédiatrie, le service néonatalité et particulièrement aussi dans les phases critiques de fin de vie de nos patients hospitalisés. La règle est celle de base. Maintenant c'est aussi du cas par cas en fonction de chaque situation propre, personnelle, sociale, familiale et médicale de chaque patient. Il y a un réel dialogue entre le patient, la famille de celui-ci, la direction de l'hôpital et le corps médico-infirmier.

Suite à ce dialogue, Fabienne Jacobs a finalement pu rendre visite à son proche. Aujourd'hui, elle n'en veut à pas à l'hôpital, mais aux dirigeants politiques et leur façon de gérer la crise, et s'adresse directement à eux :

 

Vous ! messieurs du gouvernement. Vous ! Nos dirigeants. J'aimerais que vous réfléchissiez un peu ! J'espère que vous n'êtes pas dans la même situation. Sinon, vous ne réagiriez pas comme ça. Pensez à tous ces gens qui souffrent. Je ne parle pas en mon nom. Je parle parce que je trouve que la situation devient infernale.

Les prochains jours seront compliqués pour Fabienne et son frère dans un état grave. Sa présence, son soutien et son réconfort lui seront très précieux.

 

La rédaction

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