Le responsable du club des Mousquetaires Cinaciens est, depuis le mois d'août, directeur technique-adjoint de la fédération francophone d'escrime. Ils nous explique en quoi consiste cette fonction.
Hennuyer d'origine, Olivier Debondt, maître d'armes depuis qu'il a 28 ans, est arrivé dans la région il y a une dizaine d'années. Il a lancé un club d'escrime à Ciney : les Mousquetaires Cinaciens. Aujourd'hui, à 62 ans, il devient directeur technique-adjoint à la fédération francophone. Il était notre invité sur le plateau de Challenge ce lundi.

Comment êtes-vous arrivé à ce poste ?
Olivier Debondt : Il y a déjà un peu plus d'un an, un appel d'offre a été lancé à la fédération francophone des cercles d'escrime de Belgique, pour remplacer quelqu'un qui partait. Un deuxième appel d'offre a été lancé. Je m'identifiais un peu dans le profil et les missions qui allaient en découler. Je me suis dit : « J'ai du temps, ils ont peut-ête besoin de quelqu'un pour s'occuper de l'épée, je postule. ». Fin août, j'ai eu la nouvelle : j'étais engagé.
En quoi consiste votre job ? Préparer les athlètes ? Les coacher ? Voyager avec eux ?
Olivier Debondt : L'encadrement, c'est vaste. Il y a un travail administratif. Des compétiteurs qui partent à l'étranger, par exemple aux Championnats d'Europe ou du Monde, cela demande beaucoup de préparation. Ensuite, il faut identifier quelles sont les solutions à apporter pour pouvoir continuer la formation des U17, des U20, dans une continuité, et pour peut-être pouvoir amener des compagnons de route à notre athléte olympique Neisser Loyola plus tard, quand la structure et le plan d'action seront bien établis.
Vous travailliez à l'armée, vous étiez retraité, vous revenez dans le monde du travail, qu'est-ce que ça fait ?
Olivier Debondt : Cela faisait six ans que j'avais fini à l'armée. C'est la première fois de ma vie que je signe un CDI. Il n'est jamais trop tard. J'ai rédigé un CV, une lettre de motivation, c'était assez gag à cet âge-là. Mais la satisfaction fut énorme lorsque j'ai appris que j'allais pouvoir m'investir dans ce que j'aime faire et partager.
Quel est votre nouveau rythme de vie ?
Olivier Debondt : Ce matin, à 4 heures, j'étais encore en Serbie, pour une Coupe du Monde. J'ai atterri ce matin à Eindhoven, me voici sur votre plateau. Mais entre-temps, j'ai eu une réunion en visio, une réunion de la commission haut niveau pour les athlètes qui vont partir aux Mondiaux à Rio. C'est une vie très active. Plein de choses refonctionnent chez moi, c'est vraiment très satisfaisant.
Vous vivez dans la région, mais au départ vous venez du Borinage… Comment êtes-vous arrivé dans l'escrime ?
Olivier Debondt : Un jour, dans le cadre de mon travail à l'armée, je suis passé devant une salle d'armes, dans les années 80. Je ne savais pas du tout que l'escrime était un sport. Je ne savais pas que ça existait. Et le maître d'armes de l'époque m'a demandé de venir essayer. J'ai poussé la porte, je suis resté, j'ai continué à travailler. Il allait partir à la retraite. Mon chef de corps m'a dit : "Tu vas suivre un cours et tu vas le remplacer plus tard." J'ai trouvé un club pour travailler, à Tournai. On m'a demandé de le reprendre. On y a organisé les Championnats du Monde jeunes en 1986. quand je suis arrivé. Et puis, la vie professionnelle m'a emmené chez le maître d'armes Florent Bessemans à Anhée. Une fois à la retraite, nous avons créé le club de Ciney en 2018. Mais à 70 ans, je pense que j'arrêterai. Je suis maître d'armes depuis que j'ai 28 ans. Je finirai de belle manière, avec la nouvelle salle d'escrime qui va arriver à Ciney. Ce sera aux jeunes de prendre le relais.
Place aux Championnats d'Europe, puis du Monde, en U17 et U20
Ce sont bientôt les Championnats d'Europe et du Monde en U17 et U20, que peut-on espérer ?
Olivier Debondt : On part mercredi en Géorgie pour les Championnats d'Europe. Oui, il y a du potentiel. On a quelques jeunes qui sont montants. Il y a eu d'ailleurs pas mal de bons résultats avec l'équipe U17 qui a battu la France et qui a gagné une épreuve européenne à Grenoble. Il y a là-dedans des tireurs du nord du pays qui ont du potentiel pour faire quelque chose. Mais comme je dis toujours, il faut que toutes les planètes s'alignent.
Vous connaissez particulièrement bien trois jeunes épéistes : Achille Grandjean (U20), Lilo Pinsart (U17) et Babette Gauthier (U17), tous trois issus des Mousquetaires Cinaciens...
Olivier Debondt : Effectivement, je les connais très bien vu qu'ils ont commencé l'escrime à Ciney. C'est un peu notre fierté. On a commencé en 2018 et quand on voit aujourd'hui la route qu'on parcourt avec nos athlètes, on est assez fier de cela. On est fier aussi de les voir aujourd'hui à la fédération francophone, avec un statut Adeps, qui leur donne des facilités au niveau scolaire pour s'entraîner. Et donc toute la boucle est en train de se boucler. Il reste les enseignants à former pour nous remplacer quand on aura la béquille.
Et donc, début avril, place aux Championnats du Monde U17 et U20, à Rio, au Brésil… Là, ce sera encore un autre rendez-vous, pour Achille Grandjean qui poursuit son évolution...
Olivier Debondt : Achille a déjà fait une fin de saison en U17 avec une médaille aux Championnats d'Europe. Il a commencé cette saison en étant finaliste d'un tournoi, qui était sélectif, en Allemagne. La suite fut plus sereine pour lui.
On imagine que ce ne doit pas être simple de travailler dans une telle fédération, qui ne doit pas avoir des moyens énormes…
Olivier Debondt : Il faut être créatif et surtout à l'écoute des jeunes, qui vivent avec leurs entraîneurs, qui les ont formés. Ils sont arrivés à ce niveau grâce à leurs entraîneurs. Je me suis donné un an d'observation avant de commencer à essayer de mettre des choses en place, je me dis qu'on doit essayer de donner des moyens à ces gens. On n'a pas de structure comme la France, comme l'Allemagne, comme les États-Unis, comme l'Italie. On doit faire avec nos moyens, analyser nos faiblesses et essayer de les combler avec un peu d'imagination.
Parlons des Mousquetaires Cinaciens… Comment se porte le club aujourd'hui ?
Olivier Debondt : Aujourd'hui, on stagne, parce que notre infrastructure est vraiment médiocre. On travaille dans une petite salle, le plafond est très bas, on est très nombreux, donc on a décidé de stopper tout recrutement. On est 110, 120, on n'ira pas au-delà.
Justement, où en est-on au niveau de la nouvelle future salle ?
Olivier Debondt : On espère qu'elle sera faite avant la fin de l'année. Elle comprendra 16 pistes, on espère pouvoir la mettre à disposition pour organiser des stages à Ciney. On aura un potentiel de travail beaucoup plus important. Ce sera le jour et la nuit.
Serait-il possible d'un jour organiser un Championnat du Monde à Ciney ?
Olivier Debondt : Cela peut être possible. Je fais le tour de la planète, avec les Coupes du Monde, etc. Je reviens de Serbie, je ne vais pas critiquer cette organisation, mais je suis sûr que nous pouvons faire beaucoup mieux à Ciney.