Ilios Kotsou présente une conférence intitulée « Se changer, changer le monde ».
Docteur en psychologie, Ilios Kotsou explore dans « Se changer, changer le monde » comment la transformation intérieure devient un moteur de changement collectif.
Hobbes ou Rousseau ?
Le conférencier part d'un constat sombre : guerres, polarisation, crise climatique. Il convoque le philosphe Thomas Hobbes, pour qui l'homme est un loup pour l'homme, et jean-Jacques Rousseau, qui a contrario défend sa bonté naturelle. Des expériences sur les chimpanzés, les rats ou les bébés montrent une attirance spontanée pour l'entraide. Pour Ilios Kotsou, la réalité est plus complexe que les deux thèses.
Ilios Kotsou pointe une limite majeure à cette entraide : l'empathie se déclenche surtout envers son propre groupe d'appartenance. Des études en neurosciences, notamment celles de la chercheuse allemande, Tania Singer, montrent que la douleur d'un adversaire ne suscite pas la même réaction cérébrale chez les supporters de football que celle d'un joueur de leur équipe . Plus un contexte est tendu, plus ce repli s'accentue, un mécanisme exploité par certains discours politiques.
Les inégalités, moteur de violence
Le conférencier cite des chercheurs britanniques selon qui les inégalités sociales sont le premier facteur de violence, de mal-être et de dépendances. Mais si la violence s'apprend, alors cela signifie aussi qu'elle peut se désapprendre.
Dans ce contexte, l'exemplarité pèse plus que les discours. « Ce que tu fais parle tellement fort qu'on n'entend pas ce que tu dis », résume-t-il en citant Ralph Waldo Emerson. Cependant, la mise en action vers des actes altruistes et solidaires n'est pas si simple :
Il y a des freins malgré le fait qu'on voudrait s'engager malgré le fait qu'il y a des modèles et qu'il y a du bon dans les êtres humains, c'est compliqué de pouvoir agir.
Pour Ilios Kotsou, les conditionnements, la captation de l'attention par les écrans et la pression du temps freinent le passage à l'acte. Pourtant, il rappelle aussi qu'un mouvement social peut faire basculer une société dès qu'environ 3,5 % de la population s'y engage durablement.
Réenchanter le monde
S'appuyant sur Kant, Ilios Kotsou invite à traiter chaque personne comme une fin et jamais comme un simple moyen. Il termine sur l'image d'une vieille dame qui rejette des étoiles de mer à la mer, une à une, geste dérisoire à l'échelle globale mais décisif pour chacune d'elles. Se changer ou changer le monde ne serait donc pas un choix à faire, mais une question de terrain : chacun agit là où la vie le place.
Cette conférence a été enregistrée à La Bourse (Namur), le 7 septembre 2026.
Production : Université de Paix.
La retranscription et la synthèse de la conférence ont été réalisées avec l'assistance de l'intelligence artificielle.