Aurélie Stuckens présente une conférence intitulée « Jacques a dit : Marche ! Le pèlerinage dans l’Histoire ».
Aurélie Stuckens, docteure en histoire et responsable du département de recherches scientifiques à la Maison du Patrimoine Médiéval Mosan, présente une conférence sur l'histoire des pèlerinages chrétiens, avec un focus particulier sur les traditions régionales.
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Le pèlerinage chrétien naît au IVe siècle lorsque Hélène, mère de l'empereur Constantin, redécouvre ce qui serait le tombeau du Christ. Cette découverte s'inscrit dans la politique de Constantin visant à soutenir la christianisation de l'Empire. La « vraie » croix du Christ devient ainsi la première relique des chrétiens, donnant naissance au pèlerinage vers Jérusalem et la basilique du Saint-Sépulcre.
Les reliques, qu'elles soient corporelles (ossements, cheveux) ou non-corporelles (instruments du supplice, objets personnels), constituent le fondement matériel du pèlerinage. Elles servent d'intermédiaire entre le croyant et les saints. Durant les premiers siècles du Moyen Âge, ces reliques sont conservées dans des reliquaires prenant la forme de châsses, comme la célèbre châsse de Saint-Hadelin à Celles.
Reconnaître le pèlerin
Le pèlerin médiéval se reconnaît à ses attributs : cape à capuchon, besace pour les provisions, gourde, bâton (ou bourdon) terminé par un pommeau, et parfois un chapeau à large bord. À partir du VIIe siècle, des lettres de recommandation émises par les autorités religieuses facilitent le voyage en confirmant l'identité et les bonnes mœurs du pèlerin.
Les trois destinations les plus populaires restent Jérusalem, Rome et Compostelle.
Les motivations des pèlerins varient : la démarche spirituelle domine mais le pèlerinage pénitentiel existe également. Une charte de 1394 conservée aux Archives de l'État à Namur condamne ainsi un certain Geoffroy pour meurtre à effectuer des pèlerinages à Chypre, Saint-Nicolas de Bari, Saint-Jacques de Compostelle et à Rocamadour.
Saint-Walhère, un saint populaire jamais canonisé
Aurélie Stuckens consacre une partie importante de sa conférence à Saint-Walhère, saint populaire, jamais canonisé, dont le culte se développe à partir de la fin du Moyen Âge. Selon la légende, ce prêtre du XIIe siècle aurait été assassiné d'un coup de rame lors d'une traversée de la Meuse.
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Le chef-reliquaire de Saint-Walhère, fabriqué au XIIIe siècle et classé trésor exceptionnel en janvier dernier par la Fédération Wallonie-Bruxelles, est déposé à la Maison du Patrimoine Médiéval Mosan depuis 2018.
Conférence enregistrée à l'église de Falaën, le 12 septembre 2025
Production : Secteur pastoral et Fabrique d'église de Falaën