Histoire

EX CATHEDRA: La reconstruction de Dinant après la Grande Guerre

publié le:30/11/2018 16:12:00 - mis à jour: 30/11/2018 16:14:57

Les Maisons Albert dans le Froidvau à Dinant

Mélodie Brassinne, historienne en charge des commémorations de la Grande Guerre pour la Province, propose une conférence sur la reconstruction de Dinant après la Grande Guerre.

Lors de l'invasion en août 1914, notre région est mise à feu et à sang par les armées allemandes. A Spontin, Waulsort, Hastière, Bièvre, Anthée, des civils sont fusillés et des maisons incendiées. Le paroxysme de l'horreur est atteint à Dinant où 674 civils, parmi lesquels de très jeunes enfants, sont tués. Une grande partie du bâti est détruit.

Cette situation particulière va évidemment conditionner la reconstruction, notre région connaissant une grave crise du logement.

Dans un premier temps, c'est le règne de la débrouille dans les endroits sinistrés. Après quelques mois, on voit apparaître des abris fournis par le Comité National de Secours. D'autres reconstruisent sur leur parcelle. Les autorités vont alors essayer d'imposer des règles urbanistiques pour éviter une reconstruction anarchique.

En 1919, la reconstruction proprement dite commence. Environ 400 chalets en bois, dites maisons « Albert » du nom du Roi de l'époque, sont installés dans et autour de Dinant. Elles doivent héberger provisoirement ceux et celles qui n'ont plus de toit. Cette solution montre assez vite ses limites et dans certains quartiers comme à Neffe, des problèmes de salubrité sont rapidement constatés.

Querelle entre les traditionnalistes et les modernes

La reconstruction en Belgique est traversée par un débat esthétique. La question est de déterminer si on rebâtit « comme avant », en remontant parfois jusqu'à un supposé âge d'or, ou si on modernise l'architecture. En Flandre, ce sont plutôt les « traditionnalistes » qui vont l'emporter, Ypres est, par exemple, rebâtie sur un modèle datant de plusieurs siècles. En Wallonie, les « modernistes » vont être prépondérants.

A Dinant, le débat entre « traditionnalistes » et « modernistes » se cristallise autour de la Collégiale. Les premiers veulent retrouver les deux flèches gothiques jugées « logiques » sur un tel édifice. Les Dinantais très attachés au bulbe vont le défendre farouchement et finalement obtenir gain de cause.

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30