Thierry Lavis a demandé la démission de Christophe Davin, qui avait célébré un faux mariage dans l'hôtel de ville. L'échevin reconnaît son erreur et s'en excuse mais poursuivra l'exercice de ses fonctions.
L'ajout d'un point à l'ordre du jour a quelque peu crispé l'ambiance au conseil communal de Rochefort, ce lundi soir. Le conseiller d'opposition Thierry Lavis a demandé la démission de l'échevin Christophe Davin et le bourgmestre f.f., Julien Defaux pour "indignité dans l'exercice de leurs fonctions", suite à la célébration d'un faux mariage dans l'hôtel de ville le dimanche 31 décembre dernier.
Après que le principal concerné a pu s'expliquer, le bourgmestre a proposé de mettre le dossier dans les mains du gouvernement wallon, rappelant qu'il n'est légalement pas dans les compétences d'un conseil communal de juger un de ses membres et que la démission reste un choix personnel.
Le conseil rochefortois a donc décidé à l'unanimité de laisser ce point supplémentaire sans suite et de transférer le dossier à l'autorité de tutelle.
"Une véritable mascarade"
Pour rappel, l'échevin rochefortois avait célébré un mariage fictif dans la salle du conseil communal le soir du nouvel an, en présence de plusieurs invités et sans autorisation. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on voit un des invités monter sur la table du conseil et sabrer une bouteille de champagne.
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Thierry Lavis qualifie cet évènement de véritable mascarade. Il reproche surtout à Christophe Davin d'avoir utilisé des locaux publics et porté son écharpe scabinale dans un contexte privé. Il reproche également à Julien Defaux d'avoir toléré le déroulé de ces faits.
Cette célébration fictive jette le discrédit sur les fonctions de bourgmestre et d'échevin. C'est un non-respect des lois qui donne un très mauvais signal à la population. A Rochefort, tout est donc permis ?
L'échevin reconnaît son erreur et s'en excuse. Il concède qu'il aurait dû faire la demande pour occuper cette salle.
C'est un élément malheureux qui ne se reproduira plus. Je n'ai jamais fait un seul faux pas dans ma courte carrière d'échevin. C'est arrivé et je m'en excuse encore.
Deux bourgmestres pour un échevin
Durant ce conseil communal, Christophe Davin a reçu le soutien de Julien Defaux, bourgmestre faisant fonction de Rochefort mais aussi de Pierre-Yves Dermagne, bourgmestre empêché et actuel vice-premier ministre, dont la présence au conseil communal montre qu'il prend la situation au sérieux.
Je peux comprendre que les images qui ont été diffusées ont pu choquer. J'ai été moi-même interpellé et j'ai d'ailleurs demandé des explications à Christophe Davin. C'est regrettable, oui. Mais est-ce grave ? Non. Je pense que dans une ville qui se revendique comme la ville du rire, il faut pouvoir se regarder dans un miroir et se dire que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre.
Pour le bourgmestre en titre de Rochefort, il faut relativiser l'importance accordée à cet évènement et le remettre dans son contexte.
La salle du conseil communal est un peu la « salle polyvalente » de l'hôtel de ville. On y organise des cérémonies, des festivités dans le cadre du Festival du Rire, par exemple.

Minimiser la situation, « parce que cela concerne un homme plutôt qu'une femme ? »
Face à la réaction de Julien Defaux et de Pierre-Yves Dermagne, qui ont plutôt minimisé la situation impliquant Christophe Davin, le conseiller communal de l'opposition, Laurent Libotte (UCPR) est revenu sur l'éviction de l'ex-bourgmestre Corinne Mullens en juin 2022, qui s'était déroulée d'une toute autre manière :
Il y a deux ans, on a démis quelqu'un de ses fonctions pour des faits qui n'ont pas été très clairs et avérés. Est-ce qu'on réagit différemment parce que cela concerne un homme plutôt qu'une femme ?
A quoi Julien Defaux répond que la situation est tout à fait différente aujourd'hui, prétextant un accord avec Corine Mullens dans le cadre de sa démission. Cette dernière a, une nouvelle fois, tenu à rappeler que ce n'était pas le cas, preuve que la blessure entre les futurs ex-partenaires n'est pas refermée.
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