L'épidémie de coronavirus reprend vigueur dans l'arrondissement. Un exemple: trois classes de l'école fondamentale de Bellevue à Dinant ont fermé ce lundi à cause de deux petits cas positifs!
Des classes vides et désertées par les élèves : c'est une image devenue récurrente depuis le début de la pandémie. A l'école fondamentale de Bellevue à Dinant, le Covid a refait son apparition. Trois classes de 3ème et 4ème primaire ont du être fermées suite à la découverte de deux enfants positifs au Covid-19. Agnès Espreux, directrice de l'école fondamentale Notre-Dame de Bellevue, se désole de la situation:
Vendredi dernier, les trois classes de 3 et 4ème sont parties ensemble en excursion. Ils ont voyagé en transport en commun, sans masque. Nous avons donc décidé de fermer les trois classes par mesure de précaution.
Depuis la mise en quarantaine des élèves ce lundi, trois nouvelles contaminations ont été rapportée à l'école. Sur décision de la direction, l'ensemble des élèves de 3ème et de 4ème ne reviendront en classe que dans une semaine minimum, après avoir réalisé un deuxième test négatif, poursuit la directrice de l'école.
C'est une décision difficile à prendre car c'est peut-être renvoyer des élèves chez eux alors qu'ils n'ont rien et une fois de plus les priver de cours. On remarque que depuis le début de la pandémie, ces quarantaines ont généré des différences de niveaux importante entre les élèves.
"Le virus est moins dangereux que ses conséquences"
Le cas de l'école fondamentale de Bellevue est loin d'être isolé. Depuis bientôt deux ans, les enseignant(e)s vivent dans la crainte et doivent s'adapter aux allers et venues du virus. Les conséquences pour les enfants deviennent catastrophiques: retard d'apprentissage, décrochage pédagoqiue, creusement des inégalités sociales et atteinte à leur santé mentale. Le constat tiré par Madeline Longchamps, la directrice du centre de promotion à la santé des écoles du réseau officiel à Dinant est alarmant.
Ce système de mise en quarantaine induit des conséquences négatives qui sont pires que le virus lui-même puisque la maladie impacte finalement peu les enfants. Les retards d'apprentissage s'accumulent et sont compliqués à rattraper pour les enseignants. Par ailleurs, les enfants ne sont pas tous égaux par rapport à l'accompagnement des parents dans le travail scolaire à domicile et donc cela creuse les inégalités sociales entre les élèves. Dans le secondaire, on observe que les décrochages scolaires sont importants et qu'il est encore plus complexe de ramener les élèves à l'école. Ce sont des élèves en extrême souffrance et complètement perdus.
Une situation schizophrénique
La gestion du virus doit-elle dès lors continuer à se faire au détriment du bien-être des enfants? La question anime les directions d'école et les Services de Promotion à la Santé (PSE) du royaume. Les PSE des écoles libres ont d'ailleurs entamé ce lundi une grève de leur mission de tracing covid, mission qu'ils assurent depuis le début de la crise sanitaire, mais qui devient difficilement gérable d'un point de vue éthique, poursuit Madeline Longchamps:
La situation devient schizophrénique! On nous demande d'une part d'écarter des élèves et de fermer des classes pour maîtriser la propagation du virus et de l'autre côté, nous avons pour mission de travailler à l'accrochage scolaire et de faire en sorte que les enfants soient le mieux possible à l'école. C'est un non-sens total.
Les directeurs lâchés par les cellules Covid
L'ensemble des centre PMS et PSE, tous réseaux confondus, réclament aujourd'hui que les missions de tracing soient confiées à un organisme extérieur au monde de l'enseignement. En attendant, cette grève du tracing dans le réseau libre livre à elles-mêmes les directions d'école qui sont amenées à prendre des décisions qui dépassent le cadre de leurs missions et de leur compétence. C'est ce qui s'est passé ce lundi à Bellevue où la directrice s'est retrouvée seule à décider de la fermeture de trois de ses classes. Là aussi, la situation devient problématique, explique Madeline Longchamps:
Les directeurs d'école n'ont pas les moyens, le personnel ou la formation pour assurer les missions de tracing. Ces missions doivent aujourd'hui être confiées à un organisme extérieur. Nous demandons aussi à ce que l'on étudie l'efficacité des mesures Covid-19 mises actuellement en place (NDLR: à partir de deux cas positifs, il y a fermeture de classe). Il faut continuer à surveiller l'évolution de la situation épidémiologique dans les écoles, mais cela ne peut plus se faire au détriment des enfants.
Les différents ministres de la Santé se sont réunis ce mercredi pour discuter d'un éventuellement assouplissement des mesures Covid-19 au sein des écoles. Mais rien n'a été tranché à l'issue de la réunion...