Fiabilité des OBU pour poids-lourds? "J'ai acheté des appareils en réserve"

publié le:10/05/2016 15:58:09 - mis à jour: 10/05/2016 18:55:32

40 jours après la mise en place de la taxe kilométrique, plusieurs transporteurs rencontrent toujours des problèmes avec le système OBU et les calculs de kilomètres. Cas concret avec Dubois Dawance à Rochefort.

Dubois Dawance Transport (Adwance) est une société familiale avec un parc de 15 camions, qui sert le métier de la construction. Comme d'autres sociétés de transport, elle rencontre encore aujourd'hui certains problèmes avec les boîtiers OBU (On Board Unit) et le calcul des kilomètres. Explications très concrètes avec Franco Guizzardi, Administrateur délégué: 

"Il y a des choses qu'on ne comprend pas. On a déjà fait le même trajet avec deux véhicules différents, et on n'a pas eu le même montant. La deuxième chose, c'est que les appareils se mettent régulièrement en rouge. Théoriquement, on doit téléphoner chez Satellic (NDLR: la société qui fournit les OBU pour Viapass, qui gère le prélèvement). La société nous donne un numéro de dossier pour faire en sorte qu'on puisse continuer à rouler pendant un certain nombre d'heures. Mais le chauffeur ne le voit pas toujours, il est concentré sur la route. Il s'en rend compte au bout d'un moment, panique, et téléphone chez Satellic. Sur 15 camions, ça m'arrive deux ou trois fois par semaine."

La solution trouvée par Dubois Dawance? Acheter deux appareils en réserve (135 € pièce).

La situation va-t-elle évoluer? Le journal La Meuse annonce en tous cas une réunion mercredi au cabinet du Ministre Prévot. Par ailleurs, 97 entreprises, soutenues par l'UPTR, avaient déposé une requête auprès du Tribunal de Première Instance de Bruxelles pour "suspendre la facturation et la perception du prélèvement kilométrique et à engager un expert judiciaire pour examiner la fiabilité du système du prélèvement kilométrique et des unités embarquées". La demandée a été rejetée mardi par le juge des référés, qui estime que les sociétés ont eu assez de temps pour tester le système avant la mise en place de la taxe.

Voir l'article sur Viapass.be >> ici

Plus de travail administratif

Hormis les problèmes techniques, le système engendrerait aussi une surcharge administrative, lorsqu'il s'agit de contrôler les chiffres.

"On ne s'y attendait pas, mais on a eu la surprise au mois de mai. Nous avons reçu trois factures différentes par véhicule (une pour la Wallonie TVA comprise, une pour la Flandre et une pour Bruxelles, TVA non-comprises). Un camion qui fait deux à trois voyages par jour occasionne trois dossiers différents, parfois avec des parties différentes dans chaque région. A chaque fois qu'on doit vérifier, on doit prendre trois factures différentes, voir si les montants vérifiés par le chauffeur à chaque fin de journée sur l'OBU correspondent, vous imaginez le travail."

Le coût de la taxe

"On l'avait estimé avant la taxe à 7 à 8 % de surcoût. Après un mois on est plutôt à 8 ou 9%. Il faut se rendre compte qu'une société de transports est une société de service. Nous n'avons pas des marges énormes, on tourne entre 3 et 5% de marge. La différence qu'on doit prendre en charge met la société en péril. Cela veut dire la faillite."

Nicolas Lembrée, Journaliste
nicolas.lembree@matele.be

 

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