Agriculture

Fièvre catarrhale : la colère du secteur agricole face à l'obligation de vacciner

publié le:30/10/2024 09:50:00 - mis à jour: 30/10/2024 17:59:30

La FUGEA, un syndicat agricole, dénonce la décision de rendre la vaccination obligatoire contre la langue bleue. Des doses vaccinales qui vont être à la charge des agriculteurs

Le ministre fédéral de l'Agriculture, David Clarinval, vient d'annoncer que les agriculteurs auront l'obligation de vacciner leur troupeau contre la fièvre catarrhale dès 2025.

Depuis quelques mois, la maladie de la langue bleue sévit dans les cheptels d'ovins et de bovins des agriculteurs et des éleveurs. Il y a quelques mois, nous nous étions rendus à la ferme de Stée, dans la commune de Ciney, où Baptiste Wylock, éleveur, nous dévoilait des pertes importantes.  

Tous les matins, on découvre de nouveaux cadavres. Je les mets à l'écart en espérant que l'équarrissage passe rapidement récupérer les corps. J'essaye d'éviter que la maladie se propage encore plus en les gardant à l'extérieur, mais ce n'est pas simple.


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Pour le ministre de l'Agriculture, rendre obligatoire ce vaccin représente avant tout une ligne de défense supplémentaire face aux épidémies : 

Elle [La vaccination] représente non seulement une protection essentielle pour notre cheptel, mais aussi une garantie pour l'avenir économique de toute la filière agricole. En misant sur une prévention rigoureuse, tout en l'associant à des facilités pour les éleveurs, nous assurons la résilience de nos élevages et la sécurité sanitaire de notre pays.

Des vaccins à charge des agriculteurs

Si l'annonce d'une vaccination obligatoire aurait dû être perçue comme une bonne nouvelle pour le secteur agronomique, la FUGEA, le syndicat agricole, à travers un communiqué déplore la décision unilatérale du ministre libéral.  

Depuis le début, nous avons plaidé pour une vaccination volontaire avec prise en charge des vaccins par le fonds sanitaire, comme cela se fait actuellement en France. Les éleveurs et éleveuses sont conscients de la nécessité de vacciner et la proposition de notre syndicat permettait d'apporter un soutien économique aux éleveurs sans toutefois avoir un impact trop important sur les finances du fonds sanitaire.

Dans une interview donnée à nos confrères du média local liégeois Qu4tre, Cécile Schalenbourg révèle le prix des doses vaccinales : 

On doit vacciner contre deux variants et c'est chaque fois deux doses. Une première dose, plus une dose de rappel et on est pour le moment à 4 € la dose. Donc, on estime 16 € de vaccins plus les actes vétérinaires s'il faut les poser, on est au-delà de 20 € la brebis pour la vaccination. Nous sommes en colère parce que quand il y a vaccination obligatoire, on estime que l'Etat doit mettre les moyens derrière. Ici, le fonds sanitaire qui est alimenté par les cotisations des éleveurs est une mutuelle qui doit être activée en cas de crise. Nous ne comprenons pas pourquoi le ministre ne l'active pas. 

Du côté de la FUGEA, on dénonce le coût supplémentaire de cette obligation qui va être entièrement à la charge des agriculteurs mais également le manque de considération de la situation vécue par le secteur agricole.

Le ministre fédéral annonce que les cotisations des secteurs des ovins, des caprins et des cervidés bénéficeront d'une suspension pour l'année 2025. 


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François Ladouce, Journaliste
francois.ladouce@matele.be

 
 
 

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